Colloque à Lille : « Alzheimer : l’inconscient a-t-il un âge ? »

Le samedi 24 janvier 2009, à Lille, s’est déroulée une rencontre autour du thème « Psychanalyse et personnes âgées». Organisée par l’Association Lilloise pour L’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire (A.l.e.p.h.), et le Collège de Psychanalystes de Lille, le sujet tendait à approfondir la question : Alzheimer, l’inconscient a-t-il un âge ?

Lille : un colloque sur Alzheimer

Cet après-midi du 24 Janvier 2009 était ouvert à tous, étudiants comme professionnels de santé. Le colloque de Lille a permis d’aborder la question de la maladie d’Alzheimer sous l’angle de la psychanalyse.

Ainsi, « Alzheimer, l’inconscient a-t-il un âge ? » pose le problème de l’inconscient dans son rapport avec le temps. Il s’agit d’une autre façon d’aborder le problème de la démence que l’on rencontre particulièrement lorsqu’on soigne des patients âgés souffrant d’Alzheimer. En effet, la maladie fait ressortir une forme d’inconscient puisque le patient perd peu à peu la conscience des choses… avec un rapport au temps particulier, comme si la mémoire s’était soudainement arrêtée à une époque précise de la vie…

D’un point de vue médical :

D’un point de vue médical, le traitement des malades Alzheimer est délicat puisqu’il fait intervenir de nombreux facteurs psychologiques. Quoi faire pour bien faire ? L’attention portée aux patients risque d’être altérée par l’habitude et la routine des soins, qui obligent alors à repenser l’éthique du soin. Réfléchir sur le lien inconscient-âge et démence, c’est placer indéniablement la question éthique au sein des préoccupations des pouvoirs publics. Comme l’avait constaté le Rapport Cordier en 2003, il s’agit de « sensibiliser à la dimension Humaniste de la médecine et d’inscrire la réflexion éthique en contrepoint de l’exercice médical ». Mais les auteurs de ce rapport semblent faire l’impasse sur l’inconscient…

Freud, Inconscient et Alzheimer

Depuis Freud, en psychanalyse, on sait que l’inconscient est en rapport ambigu avec le temps. Ainsi, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, où les repères temporels disparaissent peu à peu, il devient dangereux de laisser seul le patient dans l’univers du réel. D’autre part, le soignant est partagé entre l’injonction du soin (« il faut que ») et la relation éthique (« il est préférable ») face aux exigences de la Société. En introduisant le concept d’inconscient dans la maladie d’Alzheimer, on comprend mieux ce qui peut se passer dans la tête des patients, leur désirs, leur agressivité ou leurs « pulsions de refoulement » selon l’expression de Freud. Un colloque sur Alzheimer Lille fort intéressant…

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