Alzheimer : le témoignage d’un aidant

Jean-Claude Caudéran, à la retraite depuis 2004, s’occupe de son épouse Aline depuis qu’elle a été diagnostiquée Alzheimer il y a 7 ans. Aujourd’hui, il témoigne en tant que conjoint « aidant familial » d’un malade en dernière phase…

Alzheimer: le témoignage d’un aidant-Source de l'image: http://www.varmatin.comQuelle est votre journée type ?

En général, on se lève vers 7 heures du matin. On commence par manger, c’est-à-dire à peu près pendant 45 minutes, puisqu’il faut la faire manger comme un bébé. Ensuite, on fait la toilette - entre 45 minutes et 1 heure – puis on s’habille. Je la mets ensuite dans son fauteuil roulant. Il est déjà 10h-10h30. Vers 12h15, je lui donne le déjeuner : tout est passé à la moulinette car elle a des problèmes de déglutition. Vers 20h, c’est le dîner. On finit vers 21h30. On va se coucher. Et c’est peut-être le seul moment, quand je dors, quand elle dort, que je n’ai aps besoin de m’occuper d’elle…

Quels sont les problèmes financiers que vous rencontrez ?

Mon épouse bénéficie de l’APA. En septembre, nous avons demandé l’octroi de l’allocation Handicap. Elle nous a été accordée 6 mois plus tard, le temps de faire les évaluations, que j’ai d’ailleurs contesté. En effet, la commission a estimé que je ne passais que 8 heures par jour auprès de mon épouse, alors que c’est réellement du 24h/24.

Avez-vous eu des moments de découragement ?

J’ai eu un coup de barre… très dur. Je l’avoue. Le médecin m’a parlé des maisons d’accueil de jour. On a essayé. La première journée s’est très bien passée…mais alors la deuxième, ça a été une ca-tas-trophe. Il y a eu aggravation. Pourquoi ? Parce que là-bas, il y a des personnes atteintes à différents degrés. Je crois qu’elle s’est rendu compte de ce qu’elle allait devenir.

Quelles sont les conséquences sur votre vie sociale et familiale ?

Mon fils, bien qu’il ait 43 ans, a beaucoup de mal. Car sa maman, c’était sa confidente. Quant à la vie sociale, c’est vrai, j’aimerai pouvoir sortir. La première chose qui permet de souffler, c’est les soins infirmiers. C’est pourquoi j’essaie de trouver une infirmière ou une aide-soignante pour me relayer. A la campagne, c’est très dur. On n’a pas la qualité des services offerts en ville. C’est vrai, le paysage est beau…mais ça ne suffit pas toujours !

Etes-vous suffisamment accompagné ?

J’ai besoin d’un soutien psychologique pour ne pas disjoncter. Quand l’aide ménagère vient, comme Palma, et bien, on peut discuter. Pour moi, c’est un moment de soulagement !


Qu’est ce qui vous fait tenir ?

Je vais vous dire… Le matin, quand je la réveille, son sourire… voilà.

3 commentaires sur “Alzheimer : le témoignage d’un aidant”

  1. polegato dit :

    je trouve que se messieur a du courage car cette maladie est terrible garder sa femme chez lui c’est dur
    moi maman a cette maladie elle est dans une maison de retraite
    moi et mon frére on a assumé quelque temps puis on ne pouvais plus c’est trop dur de voir ca,chez elle c’etait le calvaire ,demence on ne pouvais plus supporter sa
    maitenant elle est entouré de personne comme elle et des infimieres qui s’occupe d’elle et quand elle a un probléme on me tl pour que je donne mon avis
    je ne peu plus aller la voir elle décline de jours en jours
    depuis 3 ans
    mais je les dans mon coeur bon courage messieur

  2. cindy dit :

    Bonjour,
    J’ai perdu mon arrière grand mère de cette maladie. Je l’ai accompagné jusqu’au bout… Et je pense que dans cette situation, il faut mettre ses peurs de côté pour être présent pour ceux qu’on aime. J’ai puisé ma force dans les souvenirs et dans les choses qu’elles se souvenaient comme le chant. A la fin, elle ne pouvait plus manger, boire.. les yeux clos… c’était très dur à gérer mais je savais que qu’en elle avait encore tous ses esprits elle avait très peur du milieu hospitalier et que la seule chose qui la rassurée c’était de lui tenir la main… Une main contre tous les souvenir heureux…

  3. Christelle.R dit :

    Quelle belle preuve d’amour !

    J’ai fait mes premiers pas avec cette maladie il y a 3 ans (ma mère compte parmi ses victimes), je ne la souhaite pas à mon pire enemi.
    Voici un an que je suis à ses cotés 24/24, 7/7 ; n’ayant personne pour me relayer car pour m’aider financierement j’ai été désignée de gré à gré par le C.Gle (Apa)et notre plus proche famille est à 300km.
    Ce qu’il y a de terrible c’est qu’elle a toujours assez de lucidité pour constater son déclin.
    Aujourd’hui les roles mère fille sont inversés, je n’ai ni vie professionnelle, ni vie amoureuse… à 37 ans, je me demande si “là haut” il m’aidera en lui enlevant toute sa mémoire pour avoir enfin le courage de passer le relais à un tiers, car je n’ai pas le coeur à la priver du peu de souvenirs qui lui reste à vivre dans sa maison.

    Encore une fois, BRAVO Monsieur pour l’énergie que vous développez à seconder votre épouse. Que la vie vous épargne pour la suite.

    Sincèrement.

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