Vers une détection anticipée de la maladie d’Alzheimer ?

La recherche dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer passe entre autre par la détection précoce des premiers symptômes. L’objectif est  alors d’élaborer un outil simple et utilisable par les praticiens pour leur permettre un diagnostic rapide des patients, et donc une prise en charge anticipée et mieux adaptée à leur situation. Cet outil vient d’être mis au point par une équipe de l’Inserm de Toulouse. Découverte.

Vers une détection anticipée de la maladie d'Alzheimer ?Alzheimer : l’importance d’une détection anticipée
Entre les premiers troubles de la mémoire et la perte totale d’autonomie, la dégénérescence due à la maladie d’Alzheimer peut durer plusieurs années. Un diagnostic précoce permettrait ainsi de limiter les conséquences irréversibles de la maladie, par un traitement suivi dès la phase initiale. Depuis plusieurs années déjà, les chercheurs essaient de repérer au plus tôt les premiers symptômes de la maladie grâce à l’analyse du cerveau (épaisseur de l’hippocampe), mais la variabilité entre individus était trop importante pour dégager des règles simples de détection. Aujourd’hui, l’équipe de Pierre Celcis (Inserm Toulouse) propose aux  médecins une méthode simple d’évaluation qui permettrait d’envisager, en moins de 20 minutes, l’évolution de la maladie dans les années à venir.

L’épaisseur de la matière grise comme symptôme précoce de la maladie
L’Inserm de Toulouse a donc mis au point une méthode rapide et simplifiée de diagnostic de la maladie en utilisant l’IRM, cette technique d’imagerie du cerveau à résonnance magnétique (radio du cerveau). Il suffirait d’analyser « l’épaisseur corticale » (la matière grise ou cortex), qui regroupe les cellules nerveuses responsables des foncions cognitives, sensorielles et motrices. D’après les recherches, la maladie d’Alzheimer affecte certaines zones de ce cortex, en diminuant leur épaisseur. L’analyse de l’épaisseur de la matière grise effectuée sur une IRM permettrait donc de déterminer l’état du patient et ses risques d’évolution vers la maladie.

Le déroulement de la recherche
Pour aboutir à cette découverte, les chercheurs ont effectué des IRM du cerveau d’une centaine de sujets présentant des troubles légers de mémoire. Les prédictions d’évolution de la maladie, effectuées à partir de l’analyse de l’épaisseur corticale, se sont révélées exactes dans 76% des cas (soit 3 fois sur4), après un suivi de 2 ans. Et l’Inserm de souligner : « Comme il est probable qu’au cours d’une période de suivi plus longue, davantage de patients suspects évoluent vers la maladie, le test offre vraisemblablement un pouvoir de prédiction encore meilleur à plus long terme ». Les travaux de l’équipe toulousaine viennent d’être publiés dans la revue britannique « Brain ».

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