Alzheimer et sécurité routière

Face au danger public que peut représenter la conduite d’un véhicule par une personne malade, des scientifiques américains tentent de mettre au point des tests de conduite destinés aux malades d’Alzheimer afin de déterminer les capacités motrices et les réflexes du conducteur. Explications.

Alzheimer et sécurité routière - Source de l'image: http://pedagogie.ac-toulouse.frVivre au quotidien avec Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est notamment caractérisée par une perte progressive de la mémoire. Ces troubles influencent l’ensemble des actes de la vie quotidienne des malades, au point que ces derniers finissent toujours par avoir besoin d’une assistance continue, pour leur sécurité d’abord mais aussi pour celle des autres. La conduite d’un véhicule fait partie de ces gestes quotidiens. S’il est vrai qu’elle offre une indépendance au conducteur, la conduite influencée par Alzheimer peut devenir un véritable danger public. Pour des raisons de sécurité routière, il devient alors impératif de cesser la conduite. Mais la question est de savoir quand arrêter…

Des tests pour savoir quand arrêter de conduire
S’il est vrai que les personnes encore lucides diminuent d’elles-mêmes leur fréquence de conduite, conscientes du danger qu’elles représentent, force est de constater que ce n’est pas encore le cas de toutes les personnes âgées diagnostiquées. Pour aider à cette décision, l’équipe américaine de Jeffrey Dawson, professeur en biostatistique à l’université de l’Iowa, travaille à la mise en place de tests dont l’objectif est de déterminer à quel moment de tels malades devraient arrêter de conduire leur véhicule. L’examen mis au point est plutôt complexe : il s’agit d’un test de conduite au volant de 55 km sur différents types de routes. Le véhicule est équipé d’un dispositif type « boîte noire » qui filme et enregistre tous les comportements et gestes du conducteur, pour déterminer d’éventuelles anomalies.

Le déroulement des tests
Les chercheurs américains ont tout d’abord fait appel à 115 personnes non atteintes par la maladie pour effectuer une série de tests de conduite, avant de les proposer à 40 personnes en phase initiale de la maladie d’Alzheimer. Après comparaison des résultats (étude publiée dans la revue Neurology), il se trouve que les conducteurs atteints d’Alzheimer ont commis 42 erreurs sur la sécurité routière, contre 33 pour les autres conducteurs. Le mauvais positionnement sur les voies de circulation est l’erreur la plus fréquente. Mais, le professeur Jeffrey Dawson reste sceptique : « La conduite de certains patients atteints d’Alzheimer était tout aussi bonne que celle des conducteurs en bonne santé mentale ». La recherche doit donc se poursuivre, mais l’objectif avoué reste l’élaboration d’un test simple et fiable mené par un médecin généraliste qui aiderait à la décision, sans que le patient ait besoin de prendre la route…

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