Alzheimer : les essais se poursuivent

Ces dernières années, la recherche s’est accentuée dans le domaine de la lutte contre le fléau Alzheimer. Cette dynamique se heurte pourtant à une difficulté de taille : le manque de patients volontaires pour essayer les nouveaux médicaments à travers le monde. Etat des lieux.

Alzheimer : les essais se poursuivent - Source de l'image:http://www.lefigaro.fLa difficulté à recruter des patients Alzheimer

La recherche multiplie les études pour déterminer les causes de la maladie d’Alzheimer, et donc tenter d’éradiquer sa progression. Une fois les pistes et les hypothèses posées, il s’agit d’élaborer les médicaments adéquats. Ceux-ci doivent bien sûr faire l’objet d’essais thérapeutiques contrôlés avant d’être mis sur le marché. Aujourd’hui, près de 91 nouveaux médicaments contre la maladie d’Alzheimer sont en cours d’expérimentation sur l’homme ! Mais les volontaires se font encore rares : « Les molécules arrivent, mais si on ne parvient pas à recruter suffisamment de patients, on risque de passer à côté », précise le Pr Bruno Vellas (Gérontopôle de Toulouse), lors du 19ème Congrès mondial de gérontologie et de gériatrie.

Le paradoxe de la situation

En effet, comment expliquer ce manque de volontaires alors que le nombre de malades dans le monde est sensé quadruplé d’ici 30 ans, pour atteindre 80 millions de personnes ?! D’autant plus que les traitements actuels ne font pas de miracles… Le Pr Vellas explique : « les patients Alzheimer sont des sujets âgés, avec des troubles de la mémoire et souvent d’autres pathologies qui compliquent leur sélection. Il faut aussi obtenir l’accord de leur famille ». En plus, les essais requièrent de nombreux patients, qu’il faut recruter à travers le monde et étudier sur de nombreuses années, étant donnée l’évolution très lente de la maladie.

Les pistes sont pourtant nombreuses…

La recherche se trouve donc freinée dans son entrain à cause de cette pénurie de patients volontaires. Selon le Pr Vellas, le problème est le suivant : « s’il s’agit de médicaments qui améliorent un peu et qu’il faudra associer à d’autres, on ne le verra pas » ! Pourtant, les pistes sont nombreuses. Qu’il s’agisse de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à inhiber l’action d’enzymes à l’origine de plaques amyloïdes, ou encore d’injections de molécules pouvant agir sur la protéine tau accumulée dans les neurones, les essais sont en cours et plutôt prometteurs. « Si on s’y met tous, on trouvera des traitements qui auront une efficacité remarquable, mais on les trouvera dans une, deux ou trois générations », prévient le Pr Vellas… La mobilisation devient donc urgente.

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