Alzheimer : découverte de la « protéine de l’oubli »

Alors que l’origine de la maladie d’Alzheimer reste un grand mystère, voici que des chercheurs français viennent de découvrir la « protéine de l’oubli », qui serait responsable de la perte de mémoire liée au vieillissement. Unepiste à exploiter.

Alzheimer : découverte de la « protéine de l’oubli » - Source de l'image:http://www.rfi.frAu-delà de la maladie d’Alzheimer
Bien que la « protéine de l’oubli » ait été découverte au cours de recherches concernant les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, les chercheurs du laboratoire Neurobiologie des processus adaptatifs (UPMC/CNRS) insistent sur le fait que « cette découverte va bien au-delà de cette maladie, car elle concerne toutes les personnes âgées ». En effet, il semblerait que la préséniline 1 (protéine de l’oubli), présente dans le cerveau des personnes saines comme de celles malades d’Alzheimer, augmente avec l’âge, provoquant des troubles de mémoire.

L’expérience

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs français ont étudié le rôle de la préséniline 1 sur des souris de laboratoire. Selon l’étude, une surproduction de préséniline 1 entraîne, avec l’âge, « des anomalies de la plasticité synaptique » (connexion des neurones) et donc de la mémoire. Les résultats ont été publiés dans le Journal of neurosciences, et suggèrent donc que la préseniline 1 aurait une « action neurotoxique ». Puisque le cerveau des personnes âgées, malades ou non, présente un taux de préséniline 1 croissant avec l’âge, les chercheurs en ont déduit que cette protéine serait responsable de l’atteinte des fonctions cognitives liées à la mémoire.

Qu’est ce que la préséniline 1 ?

En fait, cette découverte vient surtout affirmer le rôle neurotoxique de la préséniline 1, l’un des trois gènes identifiés comme impliqués dans la maladie d’Alzheimer : le gène du précurseur du peptide amyloïde (APP) et les gènes des présénilines 1 (PS1) et 2 (PS2). La mutation pathologique de ces gènes serait à l’origine des formes familiales les plus courantes de la maladie d’Alzheimer. Une cinquantaine de mutations différentes ont été découvertes sur le seul gène PS1, et chacune d’elle provoque inévitablement la maladie d’Alzheimer entre 30 et 60 ans. Le rôle de la préséniline est donc majeur. Le problème est que cette protéine interagit négativement avec de nombreuses autres protéines présentes dans le cerveau.

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