Ordonnances mal expliquées - un danger pour les personnes âgées

Un sondage réalisé fin février révèle qu’en région parisienne seuls 37 % des patients seraient satisfaits des explications données par le médecin sur l’ordonnance. Ce chiffre est inquiétant car l’usage inapproprié de médicaments peut avoir des conséquences dramatiques pour la santé du patient. Ce problème est d’autant plus critique lorsqu’il s’agit de personnes âgées, plus susceptibles  de commettre des erreurs par manque de directives claires du médecin concernant la prise de médicaments.

Ordonnances mal expliquées : un danger pour les personnes âgées - Source de l'Image : http://www.bundesregierung.deAméliorer la communication entre patient et médecin
Les médecins de la région parisienne ne prennent souvent pas le temps d’expliquer leurs ordonnances aux patients. Telle est la constatation émanant d’un sondage Europe1/Doctissimo effectué fin février par l’Institut Vision Critical, à l’occasion du Congrès des médecins généralistes (Medec). En effet, seuls 37 % des personnes interrogées en région parisienne se sont déclarés satisfaites des explications de leurs médecins concernant les ordonnances prescrites. Dans les communes rurales, ce taux de satisfaction remonte heureusement pour atteindre 81 %. Il est en tout cas primordial que les médecins traitants accompagnent leurs ordonnances de directives très claires, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes âgées. Plus d’un individu sur deux ignore la fonction du médicament prescrit, et ce phénomène tend à s’aggraver depuis que le remplacement des médicaments habituels par des génériques aux noms différents. La confusion s’installe, entraînant une mauvaise observance du traitement. De plus, les troubles auditifs ou visuels font parfois obstacles à la compréhension des indications du médecin. Pour éviter tout accident, le pharmacien devrait également s’assurer que le patient ait bien intégré la posologie lorsqu’il délivre les remèdes.

Une sérieuse menace pour les aînés

Les aînés souffrant de troubles cognitifs doivent faire l’objet d’une vigilance toute particulière : leur mémoire, de temps à autre défaillante, provoquent des oublis de traitement ou au contraire des surdosages. De plus, ces patients fragiles, absorbent pendant des années des psychotropes aux nombreux effets indésirables, alors qu’une prise en charge psychologique apporte souvent une meilleure réponse au mal-être dont ils souffrent. Par ailleurs, les personnes âgées consultent parfois plusieurs praticiens : certains médecins ne prennent pas la peine de s’informer sur les traitements déjà prescrits par leurs confrères.  Or, les interactions entre les substances ont parfois de graves conséquences. On estime que 10% des hospitalisations de personnes âgées seraient dues à un accident iatrogène, c’est-à-dire un usage erroné de médicaments. Pour réduire les risques, il serait souhaitable que la France s’inspire des États-Unis, ou le médecin-référent effectue un point annuel avec le patient âgé sur l’ensemble des traitements en cours.

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