Québec, relance du débat sur l’euthanasie

Quand la douleur devient intolérable et que la maladie ne semble laisser aucun espoir de guérison, certains patients exigent parfois d’abréger leurs souffrances. Souvent exprimées par des personnes âgées, ces requêtes suscitent de graves questions sur le plan éthique. La légalisation de l’euthanasie – ou suicide assisté -  demeure un sujet très sensible dans de nombreux pays. Certains comme les Pays-Bas l’autorisent, d’autres comme la France l’interdisent. C’est à présent au Québec que se déroule actuellement un débat très animé sur ce dossier épineux.

Québec : relance du débat sur l’euthanasie - Source de l'Image : http://jphmtl4141.files.wordpress.com/2008/09/euthanasie.jpgLe Parlement québécois entame des auditions sur l’euthanasie
Les auditions de la commission parlementaire sur le droit de mourir dans la dignité se sont ouvertes le 15 février dernier au Québec. Plusieurs dizaines d’experts, universitaires et représentants d’associations ont été conviés à prendre part à ces débats. L’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité figurait parmi les premiers intervenants.  Après avoir évoqué le témoignage difficile d’une femme de 53 ans atteinte d’un cancer généralisé, la présidente de l’association Hélène Bolduc a estimé qu’il faut décriminaliser l’euthanasie et le suicide assisté tout en fixant des principes et limites très clairs dans le cadre d’une loi. Selon elle, le patient concerné devrait entre autres avoir exprimé clairement sa volonté. S’il n’en est plus capable, il devrait avoir laissé un consentement écrit avant que l’aggravation de la maladie ne l’en empêche.

Légalisation de l’euthanasie : des abus sont à craindre
La position de Mme Bolduc est toutefois loin de faire l’unanimité au Québec. Le Comité national d’éthique sur le vieillissement (CNEV) s’est notamment positionné contre une éventuelle légalisation de l’euthanasie, susceptible d’engendre de dangereux abus. Selon le CNEV, des malades et personnes âgées pourraient être contraints de subir un suicide assisté suite à des pressions exercées par leur entourage.  Certaines personnes auraient ainsi recours à l’euthanasie uniquement pour soulager leurs proches plutôt que pour eux-mêmes. Ce cas de figure inquiétant n’est d’ailleurs pas théorique : le Dr Philippe-Nootens, membre du CNEV et auteur d’un mémoire sur l’euthanasie, rapporte qu’un nombre croissant de personnes âgées fuient les Pays-Bas pour s’installer en Allemagne par crainte que l’on profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie! Par ailleurs, le CNEV soupçonne le gouvernement de soutenir l’euthanasie dans le but d’alléger les dépenses de santé du pays… Pour les opposants à l’euthanasie, l’amélioration des soins palliatifs reste de loin préférable à une législation libérale comprenant de sérieux risques de dérives.

Laisser une réponse