Le rôle des cellules microgliales dans la maladie d’Alzheimer

La perte neuronale est une des altérations neuropathologiques principales de la maladie d’Alzheimer. Des scientifiques ont découvert qu’elle est en partie due à un processus de défense du système nerveux central. Des cellules “gendarmes”, les microglies, cherchent à détruite les plaques amyloïdes qui se forment dans le cerveau au cours de la maladie d’Alzheimer. Mais ce processus provoque également la mort des neurones liés aux microglies. Un traitement est donc envisagé afin d’interrompre la communication entre les neurones et les microglies.

Le rôle des cellules microgliales dans la maladie d'Alzheimer - Source de l'image: http://3.bp.blogspot.comAlzheimer : des cellules protectrices responsables de la perte neuronale
Les microglies sont des cellules qui assurent la protection du cerveau, en formant une barrière hémato-encéphalique isolant les neurones. Elles provoquent aussi des réactions inflammatoires de défense lorsque survient une lésion ou une infection dans le tissu cellulaire. Une équipe internationale, dirigée par le Professeur Jochen Herms, neurobiologiste à l’université LMU de Munich, a montré que ces cellules contribuaient largement à la perte neuronale observée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’équipe du Professeur Herms estime que lorsque la démence se développe, les neurones secrètent une substance chimique qui attire les microglies. S’en suivent des réactions inflammatoires qui provoquent finalement la destruction des neurones. “Nous pourrions utiliser ces conclusions pour développer un agent chimique capable de ralentir la perte neuronale en stoppant la communication chimique entre les deux sortes de cellules du cerveau”, estime le Dr Herms.

Interrompre la communication chimique entre les neurones et les microglies
La maladie d’Alzheimer est due à la destruction inexorable de neurones provoquée par la formation d’agrégats insolubles de protéines, appelés plaques amyloïdes. Une importante quantité de microglies se rassemble à proximité de ces plaques. Les microglies sont des sortes de “policiers” immunitaires, chargés de détecter des lésions du tissu. Il semblerait ainsi qu’elles se réunissent près des plaques amyloïdes dans le but de les dégrader. “Nous supposons que les neurones malades situés près de ces plaques secrètent une substance chimique qui attire les microglies. Cette substance est apparemment la chimiokine Fractaline, qui se fixe à un récepteur membranaire à la surface des cellules microgliales”, explique Dr Herms. Les scientifiques ont éliminé génétiquement ce récepteur et constaté que dans ce cas la perte neuronale n’avait pas lieu. Ces résultats prouvent que les microglies, qui éliminent les plaques amyloïdes typiques de la maladie d’Alzheimer, contribuent aussi activement à la destruction des neurones. “Ces nouvelles découvertes pourraient nous permettre d’élaborer de nouvelles approches thérapeutiques de prévention de la perte neuronale”, conclut le médecin allemand.

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