Canada - La musicothérapie pour les malades d’Alzheimer

Si les médicaments sont pour l’heure impuissants pour faire régresser la maladie d’Alzheimer, l’impact positif des thérapies alternatives sur le bien-être du patient n’est pas à négliger. Lise Privé, musicothérapeute canadienne, en a fait l’expérience. Son père, lui-même diagnostiqué Alzheimer, a sensibilisé la jeune artiste à la souffrance des malades. Dès lors, Lise décida de mettre son talent au service de personnes âgées atteintes d’Alzheimer par le biais d’ateliers originaux dans des structures d’hébergement.

Le déroulement d’une séance avec les malades d’Alzheimer
Munie de quelques instruments de musique, Lise intervient régulièrement au Foyer Saint-Antoine, un établissement médicalisé accueillant des malades d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Au cours de ces séances très appréciées, la thérapeute joue et chante les airs d’autrefois, bien connus des anciens. Alors, certains visages s’animent, égayés par des souvenirs lointains, tandis que d’autres personnes fredonnent. Lise aide même l’ancien violoniste à reprendre l’instrument en main, évoquant en lui les réminiscences de sa passion. Et même si tous les malades d’Alzheimer ne réagissent pas de la même manière aux stimulations musicales, Lise en est persuadée, l’émotion est là, entre l’âme et la mémoire. Quand la maladie d’Alzheimer ne permet plus de dialoguer avec des mots, il faut entrer en contact avec le patient par d’autres moyens de communication. La musique en est un.

L’impact physiologique sur Alzheimer
Une étude scientifique récente publiée en octobre 2009 dans la Revue Neurologique démontre que la musicothérapie contribue à diminuer l’anxiété des malades d’Alzheimer. Par conséquent, les comportements agressifs et les symptômes de dépression de certains patients s’en trouveraient diminués. Par ailleurs, sur le long terme, la musicothérapie concoure à l’amélioration des rythmes du sommeil grâce à la mélatonine secrétée par le corps à l’écoute de musiques agréables. Dans le même temps, les ateliers auxquels participent les résidents atteints d’Alzheimer agissent comme des thérapies de groupe. Chacun se sent valorisé et ces rencontres sont créatrices de lien social en favorisant les échanges et la complicité. Malgré ses bénéfices, cette forme de soin est encore employée d’une manière très spartiate et seule une minorité de résidences la propose. C’est pourquoi Lise Privé souhaite plus que tout diffuser sa technique, à la frontière de l’art et de la science.

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