Alzheimer - Un marqueur biologique pour faciliter le diagnostic

La maladie d’Alzheimer pourrait être diagnostiquée plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes grâce à la présence de trois marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalo-rachidien. Ce diagnostic précoce a été mis au point par les travaux menés par Geert de Meyer, un chercheur belge de l’université de Gand. Les résultats de l’étude ont été publiés lundi 9 août dans la revue scientifique Archives of Neurology.

Alzheimer : Un marqueur biologique pour faciliter le diagnostic - Source de l'image : http://www.france-info.com/Un dépistage d’Alzheimer fiable à près de 100 %
En partenariat avec l’ADNI (Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative), l’équipe scientifique belge a recueilli en 2004 les données d’une cohorte de 400 patients âgés : 114 personnes en bonne santé, 200 souffrant de légers troubles cognitifs et 102 atteintes de la maladie d’Alzheimer. Un échantillon de liquide céphalo-rachidien a été prélevé, puis analysé régulièrement. Les résultats sont édifiants. Le marqueur biologique composé d’un peptide et de deux protéines, a été retrouvé chez 90% des malades d’Alzheimer. Les personnes qui n’étaient pas encore diagnostiquées Alzheimer au début de l’étude, mais dont les échantillons contenaient le fameux marqueur biologique, ont toutes développées la maladie d’Alzheimer dans les cinq ans.
Les auteurs de cette étude précisent que la présence de cette ‘’signature biologique’’ pourrait être détectée plus de dix ans avant l’apparition des premiers symptômes cliniques de la maladie d’Alzheimer.

Diagnostiquer Alzheimer sans offrir de traitement ?
Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer préoccupe les chercheurs depuis plus de vingt ans. Cette découverte pourrait donc se révéler une avancée majeure, si la fiabilité du test se confirme.
Toutefois,  Michelle Micas, vice-présidente de l’association France Alzheimer exprime une réserve face à cette découverte. Un tel dépistage ne sera pas proposé à la population avant plusieurs années, le temps que d’autres études scientifiques attestent l’efficacité du marqueur.
Et quand bien même le test serait disponible, il faut savoir que l’examen permettant le recueil du liquide céphalo-rachidien est risqué et très douloureux. Il consiste en effet en une ponction lombaire, c’est-à-dire à l’introduction d’une aiguille dans la colonne vertébrale.
De plus, une question éthique se pose inévitablement : a-t-on un quelconque intérêt à diagnostiquer de manière précoce une maladie pour laquelle il n’existe pas encore de remède ?

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