Archive pour octobre 2010

Alzheimer - La protéine Tau, sujet d’un symposium à Tokyo

Lundi 25 octobre 2010

Trente spécialistes de la maladie d’Alzheimer et autres maladies neurologiques se sont réunis à Tokyo il y a quelques jours afin de partager leurs expériences et avancées dans le domaine de la maladie d’Alzheimer, et notamment de la protéine Tau, dont le rôle serait déterminant dans le développement de ce redoutable fléau. En effet, à terme la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés risquent de toucher près de la moitié des plus de 85 ans.

Alzheimer : La protéine Tau, sujet d’un symposium à Tokyo - Source de l'image : http://www.masantefacile.com/Trente experts d’Alzheimer réunis
Le symposium, qui s’est réuni pour une durée de deux jours dans la capitale japonaise a été baptisé ‘’Vieillissement, protéine tau et démences’’. Le séminaire est le fruit de l’initiative du célèbre professeur Etienne Beaulieu, et de l’ambassadeur de France au Japon, Philippe Faure. Le pays du Soleil Levant a été choisi pour accueillir l’événement en raison de l’espérance de vie record de ses habitants. Alzheimer étant une maladie corrélée à l’âge, le professeur Beaulieu ne pouvait faire meilleur choix
Au vu de récentes découvertes, la communauté scientifique place beaucoup d’espoirs sur la protéine tau, pour percer les secrets du développement de la maladie d’Alzheimer.
Le docteur Michel Goedert, médecin luxembourgeois chef de la division de neurobiologie au Conseil de recherches médicales de Cambridge a, en 1988, identifié et analysé les diverses formes de protéine tau, molécule retrouvée sous une forme inhabituelle chez les individus atteints de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés.

Des espoirs de traitements contre Alzheimer
Le Dr Goedert est confiant quant à la découverte prochaine de marqueurs permettant d’identifier la présence anormale de protéine tau dans les tissus cérébraux avant même le déclenchement des symptômes de la maladie d’Alzheimer. En effet, si la maladie d’Alzheimer se déclare rarement avant 60 ans, les dépôts de protéine tau sont quant à eux présents vingt à trente ans auparavant. Se pose alors la question éthique du diagnostic précoce d’Alzheimer, à l’heure ou aucun traitement efficace n’est disponible. Cependant, le Pr Beaulieu se veut rassurant. Son équipe travaille actuellement sur une autre protéine, la FKBP52, naturellement présente dans le cerveau, mais dont le taux est très faible chez les malades d’Alzheimer. En étant stimulée, elle aurait comme propriété de contrer les modifications de la protéine tau. Ainsi, les chercheurs proposent une nouvelle piste pour freiner le développement de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer - Jouer au poker réduirait les risques

Lundi 18 octobre 2010

Alors que le poker souffre encore d’une réputation controversée, des chercheurs de l’INSERM ont récemment annoncé ses effets positifs sur la maladie d’Alzheimer. Comme d’autres activités intellectuelles stimulantes, la pratique de ce célèbre jeu de cartes permettrait de réduire de 50% le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Une vertu qui pourrait encourager les personnes âgées à s’adonner régulièrement à ce loisir.

Alzheimer : Jouer au poker réduirait les risques - Source de l'image : http://www.pokercollectif.com/Une étude originale  sur la maladie d’Alzheimer

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mène depuis 1999 une étude scientifique sur l’impact des activités de loisir sur la maladie d’Alzheimer. Sous la direction de Karen Ritchie, les chercheurs Tasnime Akbaraly et Claudine Berr ont suivi une cohorte de 6000 personnes âgées de plus de 65 ans non-atteintes d’Alzheimer au début de l’étude et résidant dans les villes de Dijon et de Montpellier. Etonnantes, les conclusions de ces travaux ont été publiées dans la revue scientifique Neurology en date du 15 septembre dernier. Les personnes pratiquant «au moins deux fois par semaine une activité de loisirs stimulante intellectuellement sont deux fois moins susceptibles de développer une démence ou une maladie d’Alzheimer, comparés aux participants pratiquant ces activités moins d’une fois par semaine. (…) En revanche, aucune réduction significative du risque de survenue de démence n’a été observée avec les autres catégories d’activités de loisirs (passives, physiques et sociales)».

Revoir l’approche de la maladie d’Alzheimer

Contrairement à des travaux précédents, cette étude épidémiologique montre que la baisse du taux d’Alzheimer n’est aucunement liée au niveau d’études, à la catégorie socio-professionnelle, au mode de vie (consommation de tabac ou d’alcool) ou encore à la santé. Les chercheurs peuvent donc en conclure que les loisirs stimulants au niveau cérébral «constituerait une intervention pertinente de santé publique». Plus de 860 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France, et,  en l’absence de tout traitement médical efficace, il est intéressant de mettre en application ces conseils simples, gratuits, et permettant de se détendre entre amis.

La maladie d’Alzheimer gagne du terrain au Sénégal

Lundi 11 octobre 2010

La malade d’Alzheimer est connue pour ses ravages parmi les populations des pays occidentaux. Toutefois, les instances sanitaires de pays en développement déclarent devoir faire face à de plus en plus de cas d’Alzheimer dans leur pays, comme aujourd’hui au Sénégal. L’évolution du mode de vie des Sénégalais, et la place des aînés dans la société est lourdement incriminée par les spécialistes locaux dans le développement d’Alzheimer. Ces médecins se sont réunis récemment à l’ambassade du Zimbabwe pour faire le point.

La maladie d’Alzheimer gagne du terrain au Sénégal - Source de l'image : http://www.pressafrik.com/Alzheimer atteint aussi de jeunes séniors
Le médecin neurologue Kamadoré Touré ne cache pas son inquiétude. Tout comme au début de l’épidémie de VIH, le corps médical sénégalais ne peut que constater l’ampleur croissante de la maladie d’Alzheimer, et l’absence de traitement. Pire encore, Alzheimer toucherait une forte proportion d’individus âgés de 55 ou même de 45 ans. Les récentes études scientifiques effectuées mettent en lumière la prévalence de la maladie d’Alzheimer. Sur 872 individus âgés de 55 ans ou plus, 58 manifestaient des troubles de la maladie d’Alzheimer ou apparentée. Ces chiffres traduisent une proportion de 6,6 % de malades, contre 1 à 2% en Europe.
De son coté, le docteur Ndèye Dialé Ndiaye Ndongo a mentionné dans sa thèse les résultats d’une étude peu rassurantes. Près de 60% des cas de troubles de sénilité seraient dus à la maladie d’Alzheimer.

La solitude favoriserait l’apparition de la maladie d’Alzheimer
Cette pathologie, jusqu’à lors méconnue, risque de se développer très rapidement. Par conséquent, les spécialistes sénégalais ont identifié certains facteurs aggravant et ils souhaitent déployer des moyens de prévention. Le diabète, le cholestérol, l’alcoolisme doivent être surveillés. Par ailleurs, le stress et la précarité grandissante que connaissent aujourd’hui de nombreux Sénégalais achèvent de fragiliser les aînés.
En effet, il apparait clairement que l’évolution du nombre de cas d’Alzheimer soit étroitement corrélée au mode de vie moderne et à l’urbanisation de la société. Les anciens, autrefois chefs de familles respectés, étaient au cœur du système social traditionnel. De nos jours, les générations ne cohabitent plus, et les aînés se trouvent de plus en plus isolés. Le manque de contacts, et la solitude, affectent grandement la santé des aînés sénégalais et sont responsables en partie de l’augmentation du nombre de cas d’Alzheimer.

“Regards croisés sur la maladie d’Alzheimer”

Lundi 4 octobre 2010

Une enquête scientifique de l’INPES, intitulée ‘’Regards croisés sur la maladie d’Alzheimer’’ et publiée le 22 septembre dernier apporte un éclairage nouveau sur le vécu des malades d’Alzheimer et de leurs aidants. Elle montre que, de manière générale, les malades d’Alzheimer et leur entourage sont satisfaits de leur qualité de vie, malgré Alzheimer. Toutefois, les travaux mettent en relief la situation de détresse et d’isolement vécue par les aidants familiaux proches.

‘’Regards croisés sur la maladie d’Alzheimer’’ - Source de l'image : http://www.marseille.fr/La perception de la maladie d’Alzheimer des malades et des aidants
Effectuée par l’INPES de mars à octobre 2009 en France, cette enquête est la première à s’intéresser directement au regard porté sur la maladie d’Alzheimer par les victimes et leurs proches. Cette initiative s’inscrit dans l’application de la mesure 37 du plan Alzheimer 2008-2012, souhaitant la mise en place d’un dispositif d’enquêtes d’opinion sur la maladie d’Alzheimer (DEOMA).
Pour ce faire l’INPES a collaboré avec l’Association des neurologues libéraux de langue française (ANLLF), les professionnels œuvrant au sein de consultations mémoire (CM) et plusieurs centres mémoire ressources et recherche (CMRR). Parallèlement, certaines associations appartenant au réseau de France Alzheimer ont pris part à l’étude de juin à octobre. Au total, 161 personnes atteintes d’Alzheimer et 305 aidants proches ont été sondés. Seuls 68% des personnes interrogées se savent atteintes de la maladie d’Alzheimer. Elles considèrent les problèmes de mémoire comme les troubles les plus gênants à leurs yeux. Interrogés sur la maladie la plus grave à leurs yeux, le cancer est cité par 42% des participants, loin devant Alzheimer, cité seulement par 22%.

Alzheimer affecte le moral des aidants
Par ailleurs, l’enquête nous enseigne que le quotidien des malades est en réalité moins morose que ce que l’on pourrait croire.
En effet, le vécu de leur maladie est considéré comme satisfaisant pour une large majorité (85%), et  77% des malades d’Alzheimer jugent l’accompagnement dont elles bénéficient comme tout à fait correct. Pourtant, une sur deux déclare ressentir de l’impuissance et de la tristesse vis-à-vis de la maladie. Pour une sur trois, Alzheimer leur inspire au contraire de la combattivité.
La vision des aidants proches est bien plus mitigée. 80% d’entre eux jugent que l’aide apportée a leur proche se répercute négativement sur leur moral. 40% ont déjà éprouve un sentiment de mise à l’essart sociale en raison de la maladie de leur proche.
De plus, outre la rupture du lien social,  de nombreux aidants se plaignent d’une situation financière plus difficile depuis la maladie de leur proche.
Cependant en dépit d’un vécu difficile face à la maladie d’Alzheimer, 76% déclarent parvenir à gérer la maladie de leur proche.