Alzheimer, une étude de cas unique

Les chercheurs de l’Institut Karolinska viennent de publier une étude de cas sur le parcours d’un patient de 56 ans. Cet homme, atteint de la maladie d’Alzheimer a été suivi tout au long du développement de la maladie. Il a subit de nombreux examens de son vivant, et son corps a été autopsié après son décès. C’est la première fois que les scientifiques parviennent à mener un suivi aussi précis sur un individu atteint de la maladie d’Alzheimer. Les conclusions de ces travaux devraient permettre aux chercheurs de progresser dans l’élaboration de traitements contre la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer: une étude de cas unique - Source de l'image : http://us.123rf.com/Un suivi sans faille du malade d’Alzheimer
Pour la première fois dans l’histoire de la science, le cerveau du malade d’Alzheimer a été examiné au PET Scan tout au long du développement de la maladie et après le décès du patient. L’un des symptômes caractéristiques d’Alzheimer est la présence de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau. Leur accumulation provoque la formation de plaques amyloïdes. Cependant, on ignore si ces plaques sont à l’origine de la maladie d’Alzheimer ou une simple conséquence. On s’interroge aussi sur leur rôle dans les modifications cérébrales qui surviennent suite au développement de la maladie. L’analyse du cerveau du malade, débutée en 2002 permet de répondre à certaines de ces interrogations. Elle donne une image très claire de la manière dont la maladie d’Alzheimer se développe chez l’humain. Ainsi, les analyses prouvent que des concentrations élevées de plaques amyloïdes ont été découvertes dès les premières phases de la maladie d’Alzheimer, lorsque le patient ne souffre que de pertes de mémoire modérées.

Alzheimer et les récepteurs nicotiniques
Au cours du développement de la maladie d’Alzheimer, les niveaux observés sont demeurés inchangés. Pourtant, le métabolisme énergétique du cerveau a baissé significativement, de même que la mémoire s’est détériorée. L’étude a en outre mis en évidence un aspect méconnu de la maladie en montrant que l’accumulation des plaques amyloïdes se conjugue avec la réduction du nombre de récepteurs nicotiniques neuronaux dans le cerveau. Ces récepteurs interviennent à plusieurs niveaux et jouent une fonction essentielle dans la mémorisation. L’étude montre que ces récepteurs sont touchés de manière précoce dans le développement de la maladie, ce qui explique que les pertes de mémoires soient les premiers symptômes. Par ailleurs, les atteintes inflammatoires ont été constatées dans des zones cérébrales où les plaques amyloïdes étaient en présentes en faible concentration. Ceci qui indiquerait que la neuro-inflammation liée à la maladie d’Alzheimer pourrait ne pas être liée à l’accumulation des fameuses plaques amyloïdes.

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