Archive pour la catégorie ‘Actualité des Personnes âgées’

Alzheimer, le modèle allemand

Mercredi 4 novembre 2009

Le centre Hodapp-Hesse à Oberkirch dans le sud de l’Allemagne propose une offre sur mesure pour les besoins des personnes âgées en bonne santé et atteintes de la maladie d’Alzheimer. La France devrait s’inspirer de ce modèle pour l’élaboration de ses structures d’accueil dans le cadre du plan Alzheimer.

- Source de l'image:http://www.maison-de-retraite-les-charmettes.comUn service d’accueil de jour ouvert à tous

Le centre Hodapp-Hesse créé par deux infirmières du même nom est une structure d’accueil qui ne trouve, actuellement, pas d’équivalent en France. Le maître mot de l’établissement est la flexibilité. Foyer-logement, accueil de jour, service de soins à domicile, l’établissement propose toute une palette de service et s’adapte véritablement aux besoins des personnes âgées. Les personnes hébergées ou utilisant les services d’accueil de jour peuvent tout aussi bien être des personnes complètement autonomes ou atteintes de pathologies cognitives. La structure est également largement sollicitée par les proches de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui utilise les services de jour ou d’hébergement temporaire pour s’offrir de véritables moments de répit.

Des utilisateurs satisfaits
L’ensemble des personnes qui font appel aux services du centre Hoddapp-Hesse y trouve leur compte. Les résidents sont équipés d’un dispositif d’appel d’urgence et peuvent également disposer de services complémentaires en cas de besoin comme le portage des repas ou le service d’une infirmière. Les personnes vivant en couple peuvent utiliser les services d’accueil et de surveillance en journée pour le conjoint atteint de la maladie d’Alzheimer. L’établissement fonctionne selon une mécanique bien huilée. Ce sont en général, une trentaine de personnes qui se rendent chaque jour à l’accueil de jour. L’établissement dispose également de 42 appartements sécurisés, de cinq lits destinés à l’hébergement temporaire et des moyens suffisants pour s’occuper de 138 patients à domicile. Le succès de cette formule tient à une flexibilité inégalée, à des tarifs dans la moyenne nationale et à l’investissement des familles en temps, pour faire le ménage de l’appartement de leurs parents par exemple, et au niveau financier.

Un exemple à développer en France
La Secrétaire d’Etat en charge des aînés, Nora Berra, a récemment fait part de sa volonté de développer des établissements similaires en France. Elle souhaite notamment lancer un appel à projet courant 2010 dans l’objectif de créer des établissements dédiés à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Elle prévoit de faire équiper chaque région de une à deux structures de plateformes multiservices, calquées sur le modèle allemand ; d’abord pour les patients atteints d’Alzheimer, puis dans un second temps pour l’ensemble des personnes âgées dépendantes.

La MACIF lance une enquête nationale pour identifier le profil et les besoins des aidants

Mercredi 28 octobre 2009

Ils seraient environ 4 millions de français à venir régulièrement en aide à un proche en situation de perte d’autonomie. La MACIF organise une étude qui se déroulera jusqu’à mi-2010 afin de mieux cerner les caractéristiques de cette population. Explications.

La MACIF lance une enquête nationale pour identifier le profil et les besoins des aidants - Source de l'image:http://www.lemarchedesseniors.comGrand appel à témoin auprès des aidants
De nombreux français sont confrontés à la question de la perte d’autonomie d’un proche. Souvent seuls, parfois désemparés, ils prennent sur leur quotidien pour accompagner au jour le jour une personne de leur famille ou un voisin devenu dépendant.
Afin de comprendre cette communauté, mais aussi ses besoins, la MACIF lance un appel à témoin national. Cette étude devrait permettre de souligner les défaillances du système pour les personnes dépendantes et les initiatives à mettre en place pour favoriser les aidants.
Pour Catherine Touvrey, Directrice Générale de Macif-Mutualité, cette étude est un point de départ pour « reconnaître une population qui, souvent, ne s’identifie pas ». Elle espère notamment que cette initiative permettra de reconnaître à cette population un statut et des droits ainsi que de répondre à leurs attentes.

Profil type de l’aidant

Toujours dans l’objectif de mieux cerner le profil des aidants, la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) avait notamment mandaté Génér’Action Formation, association spécialisée en gérontologie sociale afin de réaliser une étude à ce sujet.
L’étude précisait que 60% des aidants étaient issus de l’entourage proche de la personne dépendante. Elle indiquait également que la majorité des aidants sont des femmes.

Une étude qui s’inscrit dans la continuité de la prise de conscience du rôle d’aidant

L’étude de la MACIF sur les aidants poursuit plusieurs objectifs dont celui de mieux connaître ceux qui s’occupent au quotidien des personnes dépendantes. Elle devrait permettre aussi de renforcer la politique de la mutuelle à destination de cette population. Actuellement, les aidants ont un rôle reconnu dans le cadre des contrats d’autonomie. Ces contrats ont la particularité de couvrir l’aidant et l’aidé sous certaines conditions. Il permet également à l’aidant de pouvoir se faire remplacer sur de courtes périodes et de réaliser un bilan de ses besoins et compétences.
Une centralisation des demandes via un numéro unique facilite l’accès des aidants aux services de la mutuelle et le site internet Aveclesaidants.fr leur permet de s’informer. Le site est également un véritable lieu d’échanges et de partage d’expérience.

Vous pouvez participer à l’étude de la MACIF en ligne. N’hésitez pas, vous aussi, à faire entendre votre voix au cas où vous seriez concernés par cette problématique en répondant au questionnaire sur le site : http://www.lh2.fr/aidants/aidants.html.

Du Taï chi chuan pour les malades d’Alzheimer

Mercredi 29 juillet 2009

Depuis 2001, à l’hôpital Bretonneau de Paris, on pratique le Taï Chi Chuan… La volonté d’une équipe d’encadrement motivée et la persévérance des participants, ont ainsi permis à cette discipline ancestrale de prodiguer ses bienfaits à des personnes âgées malades d’Alzheimer.

Du Taï chi chuan pour les malades d’Alzheimer-Source de l'image: http://adequation.mayor-formation.comTraiter Alzheimer grâce au Taï Chi

Se sentir mieux dans son corps et dans son être, voici l’objectif affiché de cette discipline appliquée aux malades d’Alzheimer. Au moyen de massages, gestes lents et échauffements articulaires, la pratique du Taï Chi Chuan se présente comme un « sport » complet adapté à leurs besoins. Mais lorsqu’on est atteint d’Alzheimer, cette pratique prend tout de suite une autre dimension. En position assise, dos droit et tête haute, la personne âgée se concentre sur les instructions du professeur, exécute consciencieusement des gestes simples et respire profondément… pour renouer avec son corps et apaiser son esprit perturbé.

Le Taï Chi Chuan à l’hôpital Bretonneau
A l’Hôpital de jour Bretonneau de Paris, on pratique le Taï Chi Chuan depuis 2001. A cette époque, Isabelle Sanglier est kinésithérapeute et s’intéresse à la possible mise en place de séances de gymnastique douce pour les malades d’Alzheimer. Le Taï Chi Chuan s’avère être l’activité idéale, pour « travailler à la fois sur le corps et sur l’attention ». Ainsi, depuis 8 ans, le professeur Lionel Nojean dispense des cours quotidiens, chaque matin pendant 20 minutes, à un public fidèle et toujours plus nombreux. « C’est une forme de réveil, mais aussi un repère et une motivation à revenir », confirme Isabelle. « C’est un travail de musculation, d’assouplissement, mais aussi de coordination, d’équilibre et de concentration », poursuit-elle.

Des résultats qui s’inscrivent dans la durée

Comme toute discipline sportive, le Taï Chi Chuan doit être pratiqué régulièrement pour être efficace. Le cours dispensé chaque matin insiste sur la répétition des gestes, comme pour « encrer une partition musicale dans le corps des malades. Ils doivent sentir les mouvements avant tout », précise Lionel. Après plusieurs années de pratique, on peut déjà être satisfait des résultats. « Ce sont surtout les personnes qui ont le plus de difficultés qui progressent le plus. L’important, ce n’est pas de faire bien, mais c’est surtout d’être actif », précise Lionel Nojean. Les étapes sont franchies lentement mais surement : « le Taï Chi propose d’abord un travail sur soi. Nous avons déjà dépassé ce cap et nous sommes au stade suivant : celui du travail à deux où l’on prend conscience du corps de l’autre ». Prochain objectif : travailler debout et se déplacer dans l’espace…

Alzheimer, le mot qui fait peur…

Vendredi 24 juillet 2009

La maladie d’Alzheimer est encore vécue chaque année par des milliers de personnes dans la honte… Comme une folie douce, que l’on croit passagère, jusqu’au jour où finalement on apprend qu’on ne guérit pas.

Alzheimer, le mot qui fait peur…- Source de l'image:http://www.dark-lightning.comAlzheimer, un mot qu’on ne prononce pas
Devant sa sculpture en terre, vêtue d’un large tablier blanc d’artiste et les mains pleines d’argile, Gisèle contemple son œuvre… Autour d’elle, les personnes qu’elle retrouve deux ou trois fois par semaine dans cet atelier du 15ème arrondissement de Paris. Leur point commun : elles sont toutes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’endroit, un « accueil de jour ». Stimulation physique et spirituelle, lien social, activités diverses… mais attention, ici, « on ne parle pas d’Alzheimer », confie la responsable du centre. En effet, le mot fait peur mais les malades ne sont pas dupes : « des trous», « où est ma tête ? », « je ne sais plus », « que va-t-on devenir ? »…

L’angoisse de la maladie

On dirait qu’Alzheimer est aujourd’hui la « peste noire du XXIème siècle », comme l’avait souligné Josiane Balasko, lors de la 10e Journée mondiale Alzheimer (2003). La maladie, qui touche directement des milliers de personnes, se vit encore dans l’ombre, dans la sphère intime et familiale… Un tiers des familles prennent entièrement en charge le malade sans aucune aide extérieure. Au total, près des ¾ des époux et 50% des enfants lui consacrent 60 heures par semaine, dont 6 heures de soins par jour… La vie est chamboulée. La maladie est mal connue, ou volontairement occultée. Les plus anxieux se veulent rassurés : « Docteur, dites-moi que je ne l’ai pas! » mais quand le diagnostic tombe, c’est tout un univers qui s’écroule. Alors la personne se renferme, et les proches évitent d’en parler. On ne dit pas tout, et surtout pas aux petits-enfants… Dans un contexte d’isolement, ce n’est pas seulement le patient qui souffre…

Se libérer de sa douleur
Comme une séance chez le psy, la Fondation Alzheimer encourage les familles à communiquer. Des groupes de parole se mettent en place, des professionnels répondent aux questions, l’information sur la maladie circule et des livres paraissent. Mais attention cependant à ne pas voir de l’Alzheimer partout ! Dans son ouvrage « Où sont passées mes lunettes ? », la journaliste américaine Martha Lear dénonce l’attitude populaire très tendance qui tend à transformer des troubles de mémoire bénins (souvent dus au stress) en début d’Alzheimer. Cette angoisse d’Alzheimer serait peut être la conséquence plus simple de cette peur millénaire et inconsciente de la mort, du vieillissement… et donc de l’impuissance et de l’inéluctable.

La maladie d’Alzheimer inspire un nouveau roman

Lundi 20 juillet 2009

Mêlant l’univers mystérieux du rêve et de la mémoire, « La machine à rêves » est le 2ème roman de l’auteur clermontois Michel Labonne. Voici un roman multiple, à la fois dramatique et plein d’humour, qui parle des choses simples de la vie et de la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer inspire un nouveau romanMaladie d’Alzheimer et autres choses de la vie

« Le professeur Ferrand a disparu. Dans son appartement, sa pièce unique et dérisoire, il ne reste que la machine fantastique où il a copié sa mémoire et ses rêves. Son jeune voisin entre par hasard ; lui rêve son amour et sa vie… » peut-on lire sobrement sur la couverture. Ce livre, dont le genre est indéfinissable, aborde différents thèmes. A la fois roman de science-fiction, roman d’amour et d’aventure, roman policier, il mêle les styles et les personnages, parle de la maladie d’Alzheimer,  de la guerre d’Algérie, de la violence du quotidien et du deuil en amour… Une sorte de conte philosophique des temps modernes.

Un nouveau regard sur la maladie
Michel Labonne est né à Clermont en 1968, et enseigne aujourd’hui l’histoire et la géographie. Après un premier roman (« Le bébé, le chat et la calopsitte ») récompensé par le premier accessit au concours international francophone des Arts et Lettres de France en 2006, il nous présente une œuvre de 138 pages simple et drôle, où le rêve et les souvenirs luttent parfois avec une réalité bien difficile. « La Machine à rêves », c’est aussi un nouveau regard sur la maladie d’Alzheimer. Plus qu’un simple témoignage, ce livre pose un regard poétique, sensible, émouvant sur les conséquences de cette maladie, et témoigne sans doute d’expériences vécues par l’auteur… A découvrir.

   La machine à rêves - Roman - Michel Labonne
  
138 pages – Editions L’Harmattan

Alzheimer : La peur des Français

Lundi 13 juillet 2009

Même si, en France, près de 850 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, les français se révèlent plus concernés par la peur du cancer ou du sida. Révélations d’après une étude de l’INPES.

Alzheimer : la peur des Français - Source de l'image:http://topnews.in/healthcare/sites/default/files/Alzheimers56.jpgAlzheimer, 3ème maladie jugée la plus grave
La maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui 6 % des plus de 65 ans en France. D’après une étude récente de l’INPES (l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) menée auprès de la population générale, elle est la troisième maladie jugée la plus grave, après le cancer et le sida. Ces deux dernières maladies font certes peur, mais la population estime être suffisamment informée, contrairement à Alzheimer.

Alzheimer, le manque d’information
En effet, même si les causes de la maladie sont encore mal connues, l’étude révèle que 4 personnes sur 10 estiment être plutôt mal ou très mal informées sur cette maladie. 79 % pensent que les médias devraient en parler davantage et plus de 9 Français sur 10 souhaiteraient connaître leur diagnostic dès les premiers signes. Parmi les signes connus, les troubles liés à la mémoire sont le plus évoqués puisque 95 % des sondés pensent « qu’avoir des difficultés à se souvenir du chemin pour rentrer chez soi » constitue un signe évocateur de la maladie.

Un sentiment d’impuissance
Enfin, ce qui fait le plus peur aux Français est ce sentiment d’impuissance et de fatalité. L’étude de l’INPES démontre que 64 % des personnes interrogées estiment que « l’on ne peut rien faire pour guérir une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ». La maladie dure en moyenne 10 ans entre le diagnostic et la dépendance totale. Aujourd’hui, les traitements connus ne permettent qu’un ralentissement de la progression vers la démence… qui de toute façon est inévitable.