La biotechnologie au secours des malades d’Alzheimer

5 mai 2010

Une start-up suisse, qui a étudié le code génétique de personnes âgées en bonne santé pour découvrir les anticorps capables de lutter contre la maladie d’Alzheimer, affirme pouvoir développer un médicament d’ici 2017. L’approche thérapeutique de Neurimmune, qui diffère des approches traditionnelles, vise à raccourcir le développement d’un traitement à la maladie d’Alzheimer.

La biotechnologie au secours des malades d'Alzheimer - Source de l'image : http://www.neurimmune.comLe traitement d’Alzheimer vu sous un angle différent
Nombre de compagnies pharmaceutiques investissent maintes ressources à la recherche d’un traitement efficace pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. La start-up suisse de biotechnologie Neurimmune a récemment reçu le Pionierpreis Technopark de la Banque cantonale de Zurich pour ses travaux sur la maladie d’Alzheimer. Ce prix, d’environ 100 000 francs, suisses récompense les innovations technologiques sur le point d’être lancées sur le marché. Cette année, le Pionierpreis a mis en valeur le travail de recherche des scientifiques de la jeune pousse zurichoise dans le domaine du développement de médicaments pour la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de Neurimmune ont en effet entrepris d’accélérer le développement d’un médicament en adoptant une approche différente pour le traitement de la maladie d’Alzheimer. Leur méthode consiste à étudier le code génétique des personnes âgées ne souffrant pas d’une maladie neurodégénérative, plutôt que de chercher les facteurs favorisant le développement de la maladie.

A la recherche d’anticorps capables de combattre Alzheimer
Les chercheurs de Neurimmune s’attachent à identifier les facteurs immunologiques aidant les personnes âgées à conserver leurs capacités cognitives. Ils emploient une technologie sophistiquée pour trouver des anticorps aptes à combattre la maladie d’Alzheimer ou celle de Parkinson, puis en reproduisent le matériel génétique à l’aide de la biotechnologie. Des tests menés sur des animaux ont déjà montré qu’il était non seulement possible de mettre un terme à la mort des cellules du malade d’Alzheimer, mais aussi de restaurer leur fonctionnement. Des essais cliniques sont censés débuter l’an prochain avec l’autorisation de la FDA américaine. Cette nouvelle technologie devrait permettre de commercialiser un médicament d’ici 2017. Ce traitement, révèle le directeur opérationnel de Neurimmune Michael Salzmann, se base sur une molécule humaine, son utilisation est donc plus sûre. Le prix offert par la Banque cantonale servira quant à lui à financer un projet de recherche sur la protéine Tau responsable de la formation de dégénérescences neurofibrillaires à l’intérieur des neurones.

Alzheimer précoce , la vie de la plus jeune malade de France

3 mai 2010

Fabienne a 44 ans. Épouse comblée, et mère de trois enfants, elle aurait tout pour être heureuse. Mais depuis sept ans, un mal invisible la ronge, la maladie d’Alzheimer. Cette pathologie, à laquelle on associe souvent les personnes âgées, peut parfois apparaitre à un âge très précoce. L’apparition subite de la maladie d’Alzheimer bouleverse la vie de toute une famille.

Fabienne Piel 44 ans - Source de l'image : http://1.bp.blogspot.comLe quotidien complexe d’une famille touchée par Alzheimer

Préparer un repas ou s’habiller sont des gestes banals qu’on exécute souvent automatiquement. Il n’en va pas de même pour Fabienne, atteinte de la maladie d’Alzheimer avant même d’avoir quarante ans. Pour elle,  les tâches les plus simples nécessitent désormais concentration et aide-mémoire. Pour pallier à ces oublis fréquents,  la maison est parsemée de listes et post-It. Heureusement Fabienne peut compter sur l’aide précieuse de son mari et de Mireille, son auxiliaire de vie, qui l’aident quotidiennement dans sa lutte contre Alzheimer. Ses enfants, encore adolescents à l’annonce du tragique diagnostic, craignent qu’un jour leur mère ne les oublie. Comme Patrick, leur père, ils vivent pour l’instant au jour le jour cette situation dans laquelle les rôles s’inversent. Désormais, ce sont eux qui doivent veiller sur leur maman. Si la maladie d’Alzheimer est une lourde épreuve pour la famille de Fabienne, elle est aussi l’occasion pour ses membres de se témoigner amour et solidarité.

L’évolution inexorable de la maladie d’Alzheimer
Trois fois par an, Fabienne consulte son neurologue pour évaluer la progression de la maladie d’Alzheimer. Chaque visite montre malheureusement une aggravation des symptômes. Il est de plus en plus difficile pour elle de reconnaître l’usage de certains objets et d’imprimer de nouveaux souvenirs. Par conséquent, son naturel gai et enthousiaste laisse parfois place à l’angoisse et la confusion. Fabienne cherche alors des moments d’apaisement, qu’elle  trouve en compagnie des animaux, sa passion. A leur contact, les gestes sont instinctifs, et la mémoire n’est pas un obstacle au bonheur. Patrick essaie quant à lui d’adoucir le quotidien en emmenant chaque année sa femme en vacances à l’étranger. Ces souvenirs sont matérialisés dans les nombreuses photos et films qu’ils réalisent. Lui aussi se refuse à songer aux difficultés futures. Leur unique espoir face à la maladie d’Alzheimer repose sur les progrès de la science.

Accueil de jour Alzheimer - la CNSA publie son enquête

28 avril 2010

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a récemment publié les résultats de son étude sur les structures de répit destinées aux malades d’Alzheimer et à leurs aidants. Cette enquête met l’accent sur la nécessité de développer et diversifier l’accueil temporaire (accueil de jour et hébergement temporaire) pour répondre aux besoins des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs aidants.

Accueil de jour Alzheimer : la CNSA publie son enquête- Source de l'image : http://www.pelerin.infoLe développement de l’accueil temporaire pour malades d’Alzheimer
La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a  publié mi-avril un rapport présentant les conclusions de l’étude “Accueils de jour et hébergements temporaires pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : Attentes, freins et facteurs de réussite”. Effectuée par Géronto-Clef, un organisme qui dépend de l’Inserm, cette étude s’inscrit dans le cadre de la 1ère mesure du plan Alzheimer 2008-2012 (développement et diversification des structures de répit pour les malades et leurs aidants). L’enquête pilotée par la CNSA a été réalisée entre juillet 2009 et mars 2010 au sein de 18 établissements des trois catégories juridiques (public, privé associatif et privé lucratif). Renseignée par des entretiens avec divers acteurs du secteur (directeurs, usagers, familles, Clic, inspecteurs des Ddass…), cette étude fait un état des lieux des structures existantes pour les malades d’Alzheimer. Elle présente ensuite un bilan de la situation actuelle et propose des solutions aux problèmes observés.

Structures de répit pour malades d’Azheimer : un bilan mitigé
Le rapport de la CNSA sur les structures de répit à la disposition des malades d’Alzheimer et de leurs aidants présente d’abord les solutions existantes : accueil de jour et hébergement temporaire. Après un état des lieux et un rappel historique, le document dresse un bilan du développement des structures proposées. L’étude fait état de plusieurs problèmes : les dispositifs existants sont trop hétérogènes et leur objectif général et thérapeutique n’est pas toujours clair. Par ailleurs, « à l’échelle d’un département aucune institution, aucun service ne dispose d’une vue globale et actualisée du fonctionnement de ces dispositifs. » Les raisons de ces lacunes sont diverses : la faible visibilité de l’accueil temporaire Alzheimer, la confusion avec des services du secteur sanitaire, le manque de relations avec les partenaires du secteur du maintien à domicile… Le rapport propose plusieurs solutions pour remédier à cette situation : donner à l’accueil temporaire une mission de soutien de la vie à domicile, le considérer comme un dispositif destiné tant au malade d’Alzheimer qu’à ses aidants et mieux informer les usagers potentiels. Enfin, le  rapport de la CNSA préconise d’améliorer la territorialisation des hébergements temporaires destinées aux personnes atteintes d’Alzheimer.

Alzheimer - un vaccin aurait-il enfin été découvert ?

26 avril 2010

La communauté scientifique est pleine d’espoir quant à la recherche sur la maladie d’Alzheimer dont on ignore encore les causes exactes et les moyens de prévention. Plusieurs compagnies pharmaceutiques dans le monde tentent de développer un vaccin. C’est le cas notamment de la société autrichienne Affiris, qui va tester l’efficacité d’un candidat vaccin chez 420 malades d’Alzheimer dans six pays européens.

Alzheimer : un vaccin aurait-il enfin été découvert ? - Source de l'image:http://kamizole.blog.lemonde.fr Tests d’efficacité pour un vaccin contre la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est jusqu’à présent incurable et la recherche demeure l’unique espoir de millions de malades d’Alzheimer à travers le monde. Trouver un vaccin est un des principaux objectifs des études entreprises par les scientifiques du monde entier. Un premier vaccin potentiel avait dû être abandonné en 2001, à cause de ses effets secondaires graves. Un vaccin suédois a ensuite été testé en 2005 sans donner de résultats concluants. A présent, c’est une société pharmaceutique autrichienne qui tente sa chance. Le candidat vaccin AD02 d’Affiris a déjà atteint la phase des tests sur les malades, après avoir passé avec succès il y a cinq mois la première phase de tests, assurant sa sûreté et sa tolérabilité pour les humains. Les résultats de ces nouveaux tests, qui permettront de vérifier l’efficacité du candidat vaccin, devraient être disponibles seulement en 2012.

Prévenir Alzheimer : un vaccin capable de détruire les plaques séniles ?
Le vaccin AD02 sera testé sur environ 420 personnes déjà atteintes de la maladie d’Alzheimer dans des centres médicaux en France, Croatie, Autriche, Allemagne, Slovaquie et République tchèque. Affiris a développé ce vaccin avec la coopération de la compagnie britannique GlaxoSmithKline. Cette substance s’attaque aux plaques séniles en provoquant une réaction de l’organisme, qui se met à produire des anticorps capables de lutter contre la formation de plaques amyloïdes dans le cerveau. Ces plaques dites séniles bloquent les signaux nerveux et provoquent une dégénérescence progressive des fonctions cognitives. Pour réduire les effets indésirables du traitement, les scientifiques ont réussi à faire en sorte que les anticorps ne puissent s’attaquer qu’à la partie de la protéine bêta-amyloïde qui provoque la formation de plaques. Si ce vaccin expérimental passe l’ensemble des tests avec succès, les chercheurs pourront alors élaborer le premier traitement préventif tant attendu contre la maladie d’Alzheimer.

L’ASAD - un précieux soutien aux familles touchées par la maladie d’Alzheimer

21 avril 2010

L’ASAD (Alzheimer Sambre-Avesnois Domicile) est une association a but non lucratif qui a vu le jour au début de l’année 2009, sous l’impulsion de deux bénévoles, Madeleine Pernal et Maryse Jarry. L’organisme se donne pour mission de soutenir les malades d’Alzheimer de la région ainsi que leurs accompagnants. Ces familles, souvent en détresse, nécessitent en effet un interlocuteur fiable, capable d’écouter, d’informer et d’intervenir sur le terrain.

Maryse Jaggly et Madeleine Pernal ont fondé l'association en 2009 - Source de l'image : http://www.lavoixdunord.frUne synergie efficace pour combattre Alzheimer
Les activités de l’ASAD (Alzheimer Sambre-Avesnois Domicile) sont très appréciées par les familles de la région touchées par la maladie d’Alzheimer. Afin de renforcer l’efficacité de leur mission, les deux bénévoles ont pris soin de coordonner leurs activités avec les services médico-sociaux du secteur, notamment les hôpitaux  d’Avesnes et de Jeumont qui ont mis à leur disposition des locaux pour accueillir le siège social de l’association. Par ailleurs, des professionnels de santé, médecins gériatres, et infirmiers s’investissent dans la gestion du conseil d’administration de l’ASAD qui bénéficie donc d’une excellente notoriété. Pas moins de 151communes profitent déjà des services de la nouvelle association pour les malades d’Alzheimer et leurs aidants. De plus, des organismes tel que la Mutualité sociale agricole ou encore la Caisse d’épargne leur accorde un soutien par le biais de subventions.

L’intervention d’Alzheimer Sambre-Avesnois Domicile sur le terrain
L’ASAD s’investit énormément pour aider les familles confrontées à la difficile mise en place du maintien à domicile de leurs proches atteints d’Alzheimer. Maryse Jaggly précise  que le coût des interventions de l’association peut éventuellement faire l’objet d’une prise en charge par l’APA. Par ailleurs, les responsables de l’ASAD incitent les familles à prendre contact dès l’annonce du diagnostic, afin de mettre en place des réponses adaptées dès les premiers stades de l’Alzheimer. Pour cela, il est nécessaire d’organiser un réel projet de vie, maintenant la socialisation du patient et de ses proches, souvent isolés par la maladie. Les prestations, assurées par des professionnels, comprennent des activités de stimulation, d’éveil, mais aussi des exercices favorisant la préservation de l’autonomie des personnes atteintes d’Alzheimer. L’action de l’ASAD semble être une réussite au vu des témoignages enthousiastes de familles qui parviennent aux bénévoles.

Pour plus de renseignements sur l’ASAD : Tél - 06 14 46 79 68.
Par courriel : alzheimer.avesnois@orange.fr

1er congrès des médecins coordonnateurs en Ehpad d’Ile-de-France

19 avril 2010

Les médecins coordonnateurs en Ehpad de la région Ile-de-France se sont rassemblés pour la première fois dans le cadre d’un congrès intitulé « Printemps des Ehpad ». Inspiré d’initiatives similaires organisées notamment dans le Limousin et en Lorraine, ce congrès s’est déroulé le 8 avril à Paris. Le but de cette rencontre était d’encourager les médecins coordonnateurs en Ehpad à échanger leurs expériences et connaissances concernant la prise en charge et le suivi médical des résidents en maison de retraite.

Ile-de-France: premier congrès des médecins coordonnateurs en Ehpad - Source de l'image : http://www.amc92.orgUn printemps des Ehpad pour favoriser les échanges professionnels
Les associations de médecins coordonnateurs d’Ehpad en Ile de France ont organisé le 8 avril 2010 un premier « Printemps des Ehpad ». Organisé dans les locaux de l’Hôpital Cochin à Paris, ce congrès s’adressait aux professionnels chargé du suivi médical des personnes âgées dépendantes en Ehpad (médecins coordonnateurs, pharmaciens, gériatres, directeurs, infirmières coordinatrices, médecins traitants, associations de malades et d’aidants, etc.) Ce printemps des Ehpad a été l’occasion pour les médecins coordonnateurs et autres professionnels du secteur d’échanger leurs expériences. Les intervenants ont abordé des thèmes divers : notamment les procédures d’évaluation rapide des troubles cognitifs, les soins bucco-dentaires et troubles de la déglutition, ainsi que la création d’un logiciel de gestion de la réintroduction des dispositifs médicaux dans le budget soins. Les participants ont par ailleurs évoqué le profil et les particularités du médecin coordonnateur d’Ehpad d’Ile de France, à la lumière des conclusions de l’enquête Nationale de la Fondation Médéric-Alzheimer-FFAMCO.

Le succès des congrès de médecins coordonnateurs en Ehpad

Lancé à Limoges en mars 2009 par la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (FFAMCO), le concept de congrès « Printemps des Ehpad » se développe avec succès dans l’ensemble du pays. Dans le Limousin, le printemps des Ehpad en est à sa deuxième édition. Le premier congrès de médecins coordonnateurs du Limousin était consacré à la télémédecine et au projet de conventions de bonnes pratiques à l’entrée en Ehpad. La 2e édition de cette manifestation a permis d’approfondir ces thèmes et de faire le point sur les innovations dans le domaine de la prise en charge des résidents d’Ehpad. Elle a également été l’occasion de réfléchir sur la problématique de la continuité des soins pour les aînés dépendants en milieu rural. Outre la reprise de cette initiative en Ile-de-France, c’est également en Lorraine que s’est tenu un rassemblement similaire le 26 mars dernier, portant sur les rôles respectifs et la coopération entre le directeur et le médecin coordonnateur en Ehpad. Il ne fait aucun doute que ces congrès devraient sensiblement contribuer à l’amélioration du suivi médical des personnes âgées dépendantes en maison de retraite.

Le rôle des cellules microgliales dans la maladie d’Alzheimer

14 avril 2010

La perte neuronale est une des altérations neuropathologiques principales de la maladie d’Alzheimer. Des scientifiques ont découvert qu’elle est en partie due à un processus de défense du système nerveux central. Des cellules “gendarmes”, les microglies, cherchent à détruite les plaques amyloïdes qui se forment dans le cerveau au cours de la maladie d’Alzheimer. Mais ce processus provoque également la mort des neurones liés aux microglies. Un traitement est donc envisagé afin d’interrompre la communication entre les neurones et les microglies.

Le rôle des cellules microgliales dans la maladie d'Alzheimer - Source de l'image: http://3.bp.blogspot.comAlzheimer : des cellules protectrices responsables de la perte neuronale
Les microglies sont des cellules qui assurent la protection du cerveau, en formant une barrière hémato-encéphalique isolant les neurones. Elles provoquent aussi des réactions inflammatoires de défense lorsque survient une lésion ou une infection dans le tissu cellulaire. Une équipe internationale, dirigée par le Professeur Jochen Herms, neurobiologiste à l’université LMU de Munich, a montré que ces cellules contribuaient largement à la perte neuronale observée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’équipe du Professeur Herms estime que lorsque la démence se développe, les neurones secrètent une substance chimique qui attire les microglies. S’en suivent des réactions inflammatoires qui provoquent finalement la destruction des neurones. “Nous pourrions utiliser ces conclusions pour développer un agent chimique capable de ralentir la perte neuronale en stoppant la communication chimique entre les deux sortes de cellules du cerveau”, estime le Dr Herms.

Interrompre la communication chimique entre les neurones et les microglies
La maladie d’Alzheimer est due à la destruction inexorable de neurones provoquée par la formation d’agrégats insolubles de protéines, appelés plaques amyloïdes. Une importante quantité de microglies se rassemble à proximité de ces plaques. Les microglies sont des sortes de “policiers” immunitaires, chargés de détecter des lésions du tissu. Il semblerait ainsi qu’elles se réunissent près des plaques amyloïdes dans le but de les dégrader. “Nous supposons que les neurones malades situés près de ces plaques secrètent une substance chimique qui attire les microglies. Cette substance est apparemment la chimiokine Fractaline, qui se fixe à un récepteur membranaire à la surface des cellules microgliales”, explique Dr Herms. Les scientifiques ont éliminé génétiquement ce récepteur et constaté que dans ce cas la perte neuronale n’avait pas lieu. Ces résultats prouvent que les microglies, qui éliminent les plaques amyloïdes typiques de la maladie d’Alzheimer, contribuent aussi activement à la destruction des neurones. “Ces nouvelles découvertes pourraient nous permettre d’élaborer de nouvelles approches thérapeutiques de prévention de la perte neuronale”, conclut le médecin allemand.

Solidarité contre la maladie d’Alzheimer à Carcassonne

12 avril 2010

A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le Dôme de Carcassonne a accueilli les 6 et 7 Avril derniers plusieurs manifestations en faveur des malades d’Alzheimer. Grâce au concours du GISC (Groupe Intervenant Spectacle Concert), le public a pu prendre part à des réunions, concertss et ballets, avec pour unique but le soutien aux familles frappées par la maladie.

Solidarité contre la maladie d’Alzheimer à Carcassonne - Source de l'image: http://www.temoignages.re/Les générations unies en faveur des malades d’Alzheimer
Le programme du GISC s’est ouvert sur un débat passionnant sur la maladie d’Alzheimer avec pour thème l’Humanitude (philosophie de soins basée sur le concept de bientraitance). Parmi les nombreux participants, plusieurs jeunes élèves impliqués dans le projet pédagogique ”Donne-moi ta main” étaient présents. Ce programme d’accompagnement, actif depuis 2006, a pour noble objectif de briser l’isolement dont souffrent les personnes âgées atteintes d’Alzheimer par le biais de sorties artistiques et de rencontres intergénérationnelles. Les actions menées par ces adolescents contribuent à redonner le sourire à des individus en grande souffrance, souvent victimes d’un processus de désocialisation. Le débat a ensuite laissé place à un concert intitulé ”Quand on a que l’amour”. Ce programme musical a fait vibrer le public au son des célèbres chansons de Jean Ferrat, récemment disparu.

”Tous en chœur contre Alzheimer”
Pour la seconde journée de mobilisation, les actions de solidarité se sont poursuivies. En premier lieu, les spectateurs ont pu assister au ballet viennois mis en scène par la troupe Artisthéa de Narbonne, avant de mêler leurs voix à celles des 800 choristes venus de toute la région. Les chants qui ont résonné dans la salle du Dôme ont avant tout touché le cœur des familles, particulièrement émues par la chanson de clôture ”Tous en chœur contre Alzheimer”. Le prix d’entrée au spectacle était fixé à 8 euros, avec pour objectif de reverser intégralement les bénéfices de cette manifestation au profit de l’aide aux malades d’Alzheimer. Pour Lakhdar Nehari, président du GISC, ces moments d’émotion partagée redonnent un élan d’espoir aux familles de la région confrontées à la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer - des émissions de radio pour raviver les souvenirs

7 avril 2010

Lina Braunshweig, psychothérapeute lyonnaise, a été touchée dans son histoire familiale par la maladie d’Alzheimer. Pour venir en aide à d’autres personnes atteintes, sa société Sonora Prod produit depuis le début de l’année des émissions radiophoniques thérapeutiques destinées à stimuler la mémoire des auditeurs atteints de troubles cognitifs. Ce projet, nommé ‘’Voix d’Or’’ séduit déjà plusieurs maisons de retraite de la région.

Lina Braunshweig, psychothérapeute lyonnaise - Source de l'Image : http://www.20minutes.frDes séquences spécialement étudiées pour les malades d’Alzheimer
Les programmes sont minutieusement élaborés par des journalistes et présentateurs de radio expérimentés qui, sous les directives de la psychothérapeute, adaptent le contenu thématique aux besoins des personnes atteintes d’Alzheimer. Les six heures d’émission mensuelles sont donc réparties entre divers modules tel que l’actualité, la mémoire émotionnelle, les jeux etc.… Ces volets sont ponctués de morceaux musicaux au goût des anciens.  Ainsi, au mois de mars, la séquence information s’est attachée au sujet des élections régionales, tandis que le programme ‘’mémoire’’, intitulé ‘’Jour de Lessive’’ a remémoré aux auditeurs les lavoirs d’autrefois à travers un merveilleux voyage dans le temps. Pour réussir à éveiller l’attention de chacun, l’équipe de Sonora ne laisse rien au hasard. Le vocabulaire employé, le ton de la voix, les bruitages et mélodies font l’objet d’une attention toute particulière.

Une méthode pour favoriser la communication patients-soignants
Ces enregistrements radiophoniques dédiés aux malades d’Alzheimer se veulent complémentaires aux traitements médicamenteux. Si ces derniers ont pour objectif de ralentir chimiquement l’évolution de la maladie, le projet ‘’Voix d’Or’’ vise à  améliorer le bien-être du patient par la redécouverte d’émotions, vecteur d’une meilleure communication avec autrui. De plus, les émissions peuvent être écoutées en petit groupe, ce qui favorise le maintien du lien social. Le personnel d’accompagnement en maison de retraite a également la possibilité d’utiliser ce support dans le cadre de multiples animations grâce aux programmes de relaxation et de gymnastique douce prévus. Cet ‘’accompagnant sonore’’ suscite d’ores et déjà un grand intérêt, puisqu’une quarantaine de maisons de retraite rhônalpines s’intéressent à cet outil. Son impact thérapeutique fera d’ailleurs l’objet d’une prochaine étude scientifique au sein de l’unité Alzheimer du CHU de Charpennes.

Des explications au facteur héréditaire de la maladie d’Alzheimer

5 avril 2010

Diverses études ont montré que l’incidence de la maladie d’Alzheimer est plus forte chez les personnes dont les parents ont été diagnostiqués comme souffrant de cette pathologie. A présent, des scientifiques ont apparemment trouvé une piste pour expliquer ces prédispositions génétiques, surtout du côté de la mère. Les sujets adultes ayant des antécédents de la maladie auraient déjà un plus grand nombre de plaques séniles dans le cerveau. Un nouveau pas vers la découverte d’un traitement ?

Des explications au facteur héréditaire de la maladie d'Alzheimer - Source de l'Image : http://a10.idata.over-blog.comLes plaques séniles et le côté héréditaire d’Alzheimer
La présence de la maladie d’Alzheimer chez les parents est l’un des principaux facteurs de risque de développer cette pathologie touchant plus de 900 000 personnes en France. Une étude réalisée par le Centre médical NYU Langone pourrait bien avoir trouvé la raison de ces prédispositions génétiques, surtout du côté maternel. En utilisant une nouvelle technique d’imagerie cérébrale, les chercheurs ont observé le cerveau de sujets en bonne santé dont les parents étaient atteints de la maladie d’Alzheimer. Ils y ont découvert un bien plus grand nombre d’agrégats de protéines pathogènes liées à Alzheimer que chez des individus n’ayant pas d’antécédents familiaux de la maladie. Ces agrégats, appelés plaques séniles (ou plaques amyloïdes), apparaissaient dans la plupart des régions du cerveau. Par ailleurs, ce phénomène était le plus fortement prononcé chez les patients dont la mère était malade.

Une découverte intrigante
Les scientifiques ont examiné 42 sujets en bonne santé : 14 dont la mère était atteinte de la maladie d’Alzheimer, 14 chez qui c’est le père qui était malade et 14 n’ayant pas d’antécédents familiaux de la maladie. En moyenne, le premier groupe de volontaires présentait 15 % plus de plaques séniles que le groupe dont les pères étaient malades et 20 % plus que chez les personnes sans prédispositions génétiques. On sait que les personnes ayant un parent malade ont entre quatre et dix fois plus de risques d’être atteintes de cette pathologie que celles qui n’ont pas de parent malade. Ces résultats, publiés le 15 mars dernier par Proceedings of the National Academy of Sciences, pourraient permettre de mieux comprendre pourquoi l’hérédité représente un important facteur de risque. “Etant donné que ces plaques pathologiques commencent à s’accumuler des années avant l’apparition des problèmes de mémoire liés à Alzheimer, nos découvertes sont intrigantes”, affirme le Dr Lisa Mosconi, qui a collaboré avec des chercheurs de l’université de Turku en Finlande et du centre médical Weill Cornell à New York. Et d’ajouter : “De gros efforts sont faits pour trouver des marqueurs précoces de la maladie, avant son apparition, afin de pouvoir un jour ralentir, voire prévenir la maladie.”