Archive pour le mot-clef ‘alzheimer’

Alzheimer - Ouverture du premier institut français

Mercredi 29 septembre 2010

L’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer (l’IM2A) a ouvert ses portes à Paris, vendredi 24 septembre. Inauguré à 10h45 par Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargée des aînés, et en présence de nombreuses personnalités, ce nouveau centre augure d’un tournant dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer en France. Sous la houlette du Professeur Dubois, célèbre neurologue, cet institut unique poursuit un triple objectif : améliorer le diagnostic, les traitements et la recherche sur la maladie d’Alzheimer.

Un espace consacré à la maladie d’Alzheimer

L’IM2A est un espace de 3000 m2 renfermant les technologies les plus modernes. Les patients seront accueillis au sein de l’hôpital de jour, d’une capacité de 10 lits. Le centre est également doté de 5 boxes de consultations spécialisées, et d’un plateau technique innovant. Le Pr. Bruno Dubois, directeur du centre espère travailler en ‘’partenariat’’ avec les malades d’Alzheimer. Les patients bénéficieront d’une prise en charge médicale de qualité, et les soins seront associés à la recherche clinique.En effet, les malades seront examinés, leur profil étudié, et les données les concernant figureront dans une banque d’informations, utilisable par les chercheurs pour mieux cerner les mécanismes de la maladie d’Alzheimer.”Ils viennent pour une exploration clinique et en même temps ils participent à la recherche en nous permettant de trouver des marqueurs spécifiques de leur maladie”, explique le Pr Dubois.

Une collaboration sans précédent en faveur de la recherche contre Alzheimer

En outre, l’institut entend travailler en collaboration avec des équipes scientifiques externes. Les données feront l’objet d’une analyse mathématique avec l’aide des membres de l’Université Pierre et Marie Curie. Recoupées avec des données de nature différentes, ces informations permettront un diagnostic plus précoce et plus sûr de la maladie d’Alzheimer.Equipé d’un centre mémoire de ressources et de recherches, un centre d’essais thérapeutiques, deux centres nationaux de référence, un centre de coordination d’études de groupes et des espaces de travail en commun, il sera aussi partenaire de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, également inauguré le 24 Septembre.La Fondation Ifrad en faveur de la recherche sur la maladie d’Alzheimer a largement contribué à la création de l’IM2A tout comme la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Un nouvel espoir est né pour les 860 000 Français atteints de la maladie d’Alzheimer.

Le coût de la prise en charge d’Alzheimer estimé à 600 milliards de dollars

Lundi 27 septembre 2010

La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer a été l’occasion de dresser un bilan sur les pathologies neurodégénératives et leurs conséquences sur le financier et humain à travers le monde. Une équipe scientifique anglo-suédoise s’est ainsi penchée sur le coût de la maladie d’Alzheimer pour la société est astronomique. Par ailleurs, avec l’augmentation du nombre de malades d’Alzheimer, ce coût pourrait bien être multiplié par deux d’ici dix ans. Les conclusions de cette étude inquiétante se confirmeront dans les faits en l’absence de nouveaux traitements. C’est pourquoi il est essentiel de déployer dès aujourd’hui tous les efforts possibles dans la recherche.

Le nombre de malades d’Alzheimer doublera d’ici dix ans

Une étude publiée mardi dernier chiffre à 604 milliards de dollars le coût de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées pour l’unique année 2010. Ce coût astronomique dépasse 1 % du PIB mondial, soit l’équivalent de la18e économie mondiale.Ces travaux commandés par l’organisme Alzheimer’s Disease International estime à 35,5 millions d’individus touchés par la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés. Ce chiffre devrait être multiplié par deux d’ici 2030, et par trois d’ici 2050. Les responsables de l’étude, Anders Wimo du Karolinska Institute à Stockholm et Martin Prince du King’s College de Londres, révèle que le nombre de malades doublerait tous les 20 ans, pour atteindre quelque 66 millions de personnes en 2030 et 115 millions en 2050.Si la maladie d’Alzheimer atteint essentiellement les pays industrialisés, le nombre de malades risque à l’avenir d’augmenter rapidement dans les pays en développement. Proportionnellement, le coût pour la société augmentera. Aujourd’hui, la part des dépenses des pays développés, en particulier l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord, dans la prise en charge d’Alzheimer est très élevée. Elle représente 89 % du coût total pour 46 % des cas. Comparativement, celle des pays moins développés représentent uniquement 10 % pour 40 % des cas. Enfin, les dépenses des pays en voie de développement représentent 1 % du coût total pour 14 % des cas.

Mettre en place une stratégie financière pour faire face à Alzheimer

Par le biais de cette étude, l’organisme Alzheimer’s Disease International (ADI) souhaite encourager l’ensemble des gouvernements à considérer ces pathologies telles une priorité et à investir bien plus dans les programmes de prévention et de “plans Alzheimer”. Seulement six Etats ont mis en œuvre de tels plans, dont la France, l’Australie et l’Angleterre. En revanche, Harry Johns, PDG de l’ Alzheimer’s Association aux Etats-Unis, considère que son pays n’est pas préparé à faire face à ce desastre tant sur le plan humain qu’économique. Les dépenses du gouvernement américain en matière de recherche scientifique s’élève à 6 milliards de dollars pour la recherche sur le cancer, près de 4 milliards pour les maladies cardiovasculaires, et 3 milliards pour le SIDA. Les dépenses en faveur de la recherche contre la maladie d’Alzheimer, ne s’élève plus qu’à 469 millions de dollars par an, une somme insuffisante face à une maladie en pleine expansion.

21 Septembre, Journée Mondiale Alzheimer : un diagnostic encore trop tardif

Lundi 21 septembre 2009

Le 21 septembre est la Journée Mondiale Alzheimer. Avec 100 000 cas détectés chaque année, la maladie d’Alzheimer est la première maladie neurodégénérative dans l’hexagone. Pourtant la France accuse un réel retard dans la rapidité de diagnostic des malades.

21 Septembre, Journée Mondiale Alzheimer : un diagnostic encore trop tardif - Source de l'image:http://static.commentcamarche.netAlzheimer, une maladie mal diagnostiquée
Avec le vieillissement de la population française, tous les experts médicaux s’accordent à dire que la maladie d’Alzheimer est en voie d’expansion. Pourtant tous les cas sont loin d’être identifiés. Selon une étude des professeurs Jean-François Dartigues et Catherine Helmer  de l’Inserm et du CHU de Bordeaux, 50% des cas de la maladie d’Alzheimer restent non diagnostiqués.
A un stade précoce ce sont seulement un tiers des cas qui sont détectés. Même à un stade sévère de la maladie, l’étude estime que près de 27% des cas sont ignorés. Par ailleurs, on estime le temps moyen de diagnostic de la maladie d’Alzheimer à environs 24 mois.

Les raisons sociales d’un diagnostic tardif
Plusieurs paramètres peuvent être à l’origine de ce retard. Souvent, l’entourage, le médecin de famille et le malade lui-même ont tendance à mettre les premiers signes de la maladie d’Alzheimer sur le compte du vieillissement. Pourtant ces symptômes qui paraissent anodins, comme la baisse d’attention ou des déficiences de mémoires, sont déjà les premiers éléments d’un processus certes long mais continu.
Identifier les premiers signaux est d’autant plus difficile qu’ils peuvent être très différents d’un cas à l’autre.  Percevoir un changement de comportement implique une bonne connaissance du patient.
Le fait qu’Alzheimer soit une maladie de la vieillesse joue également en défaveur de cette pathologie. Elle renvoie une image négative de handicap et de maladie incurable. Cette image pousse souvent malades et familles à nier certains symptômes par crainte de les voir associer à la maladie d’Alzheimer.

Les médecins également en cause
Les médecins traitants sont souvent les premiers contacts vis-à-vis des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Une étude canadienne a mis l’accent sur les éléments qui les pousse à sous-diagnostiquer cette pathologie.
Le temps restreint réservé à chaque patient, la peur de provoquer un choc familial ainsi que la crainte de la réaction du patient sont autant de facteurs que l’étude a mis en avant. Par ailleurs, la maladie d’Alzheimer peut également passer après le traitement d’autres affections lourdes auxquelles les médecins sont souvent mieux formés.
Bien que les médecins de famille fassent souvent de leur mieux face à la maladie d’Alzheimer, cet état de fait peut parfois entraîner un certain phénomène de défiance entre le patient et leur médecin traitant.
C’est donc l’ensemble des attitudes des acteurs médicaux sociaux mais aussi familiaux qui sont à repenser pour mieux évaluer et diagnostiquer précocement la maladie.

Alzheimer : une enquête sur l’angoisse des tests génétiques

Lundi 14 septembre 2009

Selon une étude du « New England Journal of Medicine », les personnes ayant effectué un test génétique pour connaitre leur prévalence à développer la maladie d’Alzheimer ne sont pas particulièrement angoissées par les résultats. Enquête.

Alzheimer : une enquête sur l’angoisse des tests génétiquesAlzheimer : connaitre le risque encouru n’engendre pas d’angoisse particulière
Voici au moins un point positif : connaitre le risque de développer la maladie d’Alzheimer n’engendre pas forcément angoisse, dépression ou stress ! En effet, selon l’étude publiée dans le « New England Journal of Medicine » (23.07.2009), les résultats positifs de tests génétiques effectués sur des populations à risques ne les angoissent pas particulièrement. Tous ont dit qu’ils ne regrettaient pas d’avoir eu connaissance des résultats. Comme le note de Dr Robert Green (Université de Boston) : « Tous nos patients qui ont participé à l’étude comprenaient le  but de l’opération et se sont révélés  capables de gérer le risque».

Angoisse et soulagement
Si le résultat positif des tests génétiques n’angoisse pas, on comprend que le résultat négatif selon lequel le patient apprend qu’il ne risque pas d’être victime de la maladie « soulage » ! En effet, la maladie d’Alzheimer touche 5 millions d’Américains et les personnes porteuses du gène APoE4  sont susceptibles de développer la maladie 3 à 15 fois plus fréquemment que les autres. L’étude a mesuré l’angoisse, la dépression et les niveaux de stress de 162 adultes âgés de 50 ans en moyenne, pour la plupart enfants ou proches de personnes malades d’Alzheimer. Les tests génétiques permettaient de révéler la présence ou non de ce gène de prédisposition. Les 2/3 des patients ont eu connaissance des résultats, alors que le 1/3 restant est resté sans réponse afin de mesurer le niveau de stress. Résultat : niveau d’angoisse et de stress équivalent dans les 2 groupes !

« Ne pas savoir est pire que savoir »

A noter que les non porteurs du gène, même soulagés des résultats, ne sont pas totalement convaincus de l’écart du risque. Selon l’étude, leur niveau d’angoisse et de stress n’a baissé que légèrement. De même, 16% des personnes n’ayant pas reçu le résultat de leurs tests ont quitté le protocole de recherche. « Une fois que vous vous êtes faits à l’idée de savoir, vous ne supportez plus qu’on vous dise non », note le Dr Green. Des études similaires menées sur des patients victimes d’autres maladies graves prouvent les mêmes résultats. Elizabeth Thomson, directrice du  National Human Genome Research Institute conclue : « Ne pas savoir semble pire que savoir ».

Donner l’alerte à temps en cas de fugue d’un malade Alzheimer

Vendredi 10 juillet 2009

Pour la seule année 2008, force a été de constater que plus de 15% des disparitions signalées dans les gendarmeries concernaient des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La gendarmerie recommande aux familles de réagir au plus tôt lorsqu’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer a quitté le domicile, de préférence avant la nuit.

Donner l’alerte au plus vite

Donner l'alerte à temps en cas de fugue d’un malade Alzheimer« Les proches nous contactent souvent très tardivement, préférant procéder eux-mêmes aux recherches de peur de déranger la gendarmerie! Or la rapidité avec laquelle le dispositif est mis en oeuvre est déterminante car il est systématiquement fait appel à des gendarmes maîtres-chiens dont l’efficacité dépend du temps écoulé depuis la disparition », explique un gendarme de la brigade de Lucé. Plus vite l’alerte est donnée, plus vite les recherches aboutissent. Surtout que la nuit, les recherches sont plus difficiles. Les escapades nocturnes des malades d’Alzhiemer ne sont pas rares. En donnant l’alerte aussitôt, la zone de recherche et les moyens mis en œuvre sont réduits. Dans la majorité des cas, la personne âgée est partie à pied et est souvent retrouvée aux environs de son habitation.

Quelques réflexes à connaitre en cas de fugue

En cas de fugue d’un malade d’Alzheimer, la gendarmerie conseille aux familles et aux personnels soignants de commencer par «fouiller» complètement le bâtiment d’habitation. En effet, parfois, la personne âgée se dissimule dans une pièce, derrière une armoire, au bas d’un escalier… Autre astuce: réfléchir aux endroits favoris fréquentés par le malade, ou liés à des souvenirs lointains : un cimetière, une maison où il a passé son enfance… Dans tous les cas, faire part de vos intuitions à la gendarmerie facilitera certainement les recherches, et pourra parfois s’avérer d’une importance capitale.

Alzheimer sous l’oeil de la vidéo

Mercredi 8 juillet 2009

Dans la recherche constante de solutions de maintien à domicile des personnes âgées, la surveillance vidéo apparait comme un moyen d’assurer leur sécurité tout en rassurant les proches. Un nouveau système de vidéo automatisée vient donc d’être expérimenté auprès de malades Alzheimer. Découverte.

Alzheimer sous surveillance video

Alzheimer sous l’œil de la vidéo Comme dans la célèbre émission de téléréalité Le Loft, il s’agit d’équiper  l’appartement de la personne âgée dépendante de mini-caméras. Par exemple, dans le salon, un mouchard très discret est fixé au mur. La personne atteinte d’Alzheimer n’en a pas vraiment conscience et vit sans avoir l’impression d’être épiée… Mais en fait, l’originalité du dispositif demeure dans le fait que ces caméras ne fonctionnent pas 24h sur 24 ! En effet, elles sont en mode « sommeil » la plupart du temps et ne se déclenchent qu’en cas d’alerte, ou conformément à leur programmation. L’intimité est donc préservée…

Comment ça marche ?

En fonction des habitudes de vie du résident (heures de lever, de coucher, du repas…), les caméras sont programmées pour se mettre en marche automatiquement quelques heures dans la journée. Elles peuvent aussi être déclenchées manuellement par les aidants familiaux. Les séances filmées sont ensuite transmises en simultané par Internet aux bureaux de Link Care Services (LCS). Pendant cette période, un opérateur et un ordinateur « intelligent » veillent à distance sur le résident. Ainsi, l’aidant peut s’offrir quelques temps de répit, sortir faire une course ou honorer ses rendez-vous…

Et en plus, c’est économique !

Présenté pour la première fois le 26 mai 2009 au salon Géront Expo, ce système de surveillance vidéo équipe actuellement l’appartement d’une vingtaine de familles et un seul établissement pour personnes âgées dans la région parisienne. Mais ces caméras sont certainement promises à un brillant avenir… de telle manière qu’elle pourrait aisément remplacer les aidants familiaux en quête de liberté. Le service coûte 6 euros de l’heure : il est donc indéniablement plus économique qu’une dame de compagnie ! Néanmoins, une caméra ne pourra jamais remplacer le contact humain, et toute la dévotion nécessaire pour assurer la toilette ou les repas de la personne dépendante. Pour éviter les abus, la société insiste sur le fait que l’utilisation des caméras est limitée à 4 heures par jour !

Témoignage : Frappée d’Alzheimer à 45 ans

Jeudi 2 juillet 2009

Dans son livre « J’ai peur d’oublier », Fabienne Piel, mère de famille épanouie de 45 ans, raconte son combat quotidien contre la maladie d’Alzheimer. Un témoignage bouleversant, à l’heure où ce terrible fléau ne touche pas que les personnes âgées…

Témoignage : Frappée d'Alzheimer à 45 ans -Source de l'image:http://www.laprocure.comUn combat quotidien contre Alzheimer

Noter les idées passagères sur un calepin, mettre des Post-it partout pour savoir où sont les clefs, le sac, le téléphone… Bref, ne pas perdre la mémoire. Mais les faits sont là : depuis 7 ans déjà, Fabienne Piel lutte au quotidien contre « sa peur d’oublier ». Ecrire fait partie de la thérapie. Si les souvenirs des faits s’amenuisent, les émotions comme l’angoisse, la panique et le désespoir sont bien là. Et puis il y a aussi un peu de honte, de culpabilité envers les proches, l’impuissance ou l’incompréhension de leur côté… Cette peur d’oublier, c’est celle de perdre sa vie et son passé, « la peur de ne plus reconnaître son mari et ses enfants, et au bout du compte de ne plus savoir qui elle est ».

Une histoire difficile

A la regarder, Fabienne Piel, 45 ans, a tout d’une femme épanouie, heureuse au milieu de ses trois enfants. Pourtant, cette femme au sourire doux cache un combat difficile depuis ses 39 ans : elle fait partie de ces 30000 Français de moins de 65 ans touchés par la maladie d’Alzheimer… Contrainte de vivre avec la maladie, de se maîtriser pour ne pas devenir folle car « ses émotions sont multipliées par 10, par 20… », elle a parfois besoin de calme et de vide pour se retrouver intérieurement. Moments d’absence nécessaires à son équilibre… «Architecte d’un mur qu’elle bâtit brique par brique, la maladie nous relègue à l’intérieur de nous-mêmes (…) Nous végétons dans un monde parallèle ».

Un livre pour témoigner

Fabienne Piel a voulu raconter son histoire, et « cette étrange impression de perdre la tête ». Son livre de 233 pages, « J’ai peur d’oublier » aidera sûrement les personnes concernées. Témoignage pour faire comprendre ce qu’un malade ressent, mais aussi pour informer le grand public sur le fait que « même les personnes jeunes sont touchées ». En parallèle, elle témoigne sur les plateaux télé à l’occasion de la présentation de son livre. Son courage et sa volonté en ont ému plus d’un, dont le célèbre animateur-vedette Thierry Ardisson. En fin d’interview, celui-ci conclut, des trémolos dans la voix : « Je ne sais pas si ça peut vous aider mais nous on ne vous oubliera pas »…


« J’ai peur d’oublier » de Fabienne Piel – Editions Michel Lafon

La technologie au service de personnes âgées de Lille malades d’Alzheimer

Mardi 30 juin 2009

Dans une maison de retraite de Lomme (commune de Lille), les fugues répétées des résidents malades d’Alzheimer sont un véritables casse-tête pour le personnel. La solution a été trouvée dans le port d’un bracelet-montre électronique. Explications.

La technologie au service de la sécurité des personnes âgées

Un petit bracelet-montre gris, du moins fort esthétique, est aujourd’hui porté par les 55 résidents de l’établissement Gilbert Forrestier (Lomme), spécialisé dans l’accueil des malades d’Alzheimer. Depuis 2003, ce « gadget » d’origine finlandaise permet de déclencher le verrouillage de la porte de l’établissement dès qu’un pensionnaire s’en approche ! Ainsi, les fugues, tant redoutées du personnel, sont évitées. C’est vrai, le dispositif rappelle un peu celui des bracelets électroniques de surveillance des prisonniers… mais, appliqué en maison de retraite, il devient l’outil de la sécurité des résidents désorientés. En effet, ces derniers sont eux-mêmes rassurés dans les cas de pertes de mémoire passagères…

Un bracelet qui permet aussi le suivi médical des résidents

Le bracelet-montre électronique, porté en permanence par les résidents de cet établissement du nord, permet aussi au personnel de suivre leur état de santé. Par exemple, la montre prévient automatiquement les infirmières en cas d’inactivité totale (perte de connaissance, malaise), d’hypothermie ou de retrait du bracelet ! De plus, un petit bouton situé sur le côté permet aux patients d’appeler les aides soignants par eux-mêmes. Grâce à des bornes électroniques installées dans l’ensemble du bâtiment, le bracelet envoie des signaux vers un ordinateur, qui analyse l’information et alerte le personnel par téléphone.

Un moyen de rassurer le personnel et les résidents

Comme le précise Mireille Wascat, infirmière référente et responsable de l’établissement, le bracelet permet par exemple « d’évaluer la qualité du sommeil lors d’une nouvelle prescription de somnifères. C’est très sécurisant pour le personnel et pour les résidents ». De même, Claude Tailleur, médecin coordonnateur, apprécie l’utilité du dispositif : « C’est surtout une aide pour éviter que les gens ne se mettent en danger… car on peut intervenir immédiatement en cas de chute ». Du côté des pensionnaires, force est de constater qu’ils « ne comprennent pas tous », mais « c’est pour leur bien ! », précise Annick Lapierre, directrice du CCAS de Lomme.

Maison de retraite : Les animaux domestiques aident les malades d’alzheimer

Vendredi 26 juin 2009

L’entrée en maison de retraite est une rupture difficile, voire traumatisante, avec son environnement et ses habitudes quotidiennes. A cela peut s’ajouter la séparation forcée de la personne âgée et de son animal familier, qui a souvent partagé sa vie pendant de nombreuses années. Pour aider à ce passage délicat et parce qu’elle offre une forme de thérapie, près de la moitié des établissements acceptent aujourd’hui la présence d’animaux domestiques.

Conserver des repères en maison de retraite

Pour la plupart de nos aînés contraints d’entrer en institution, quitter le domicile et ses habitudes de toute une vie n’est pas chose facile. Le maintien de repères antérieurs et la possibilité de recréer un “chez-soi” dans un univers collectif en amenant par exemple son animal préféré sont parfois essentiels pour surmonter cette épreuve. Ainsi, la personne âgée accompagnée de son animal de compagnie s’oblige à des activités (le sortir, le soigner, le nourrit…), se sent utile, communique et conserve une relation affective au quotidien, ainsi qu’une certaine autonomie. Sujet d’intérêt et parfois de conversation, l’animal peut même servir de véritable thérapie pour les personnes renfermées ou agressives, au point que certains établissements organisent des séances de « zoothérapie » avec leurs résidents, faisant intervenir des animaux lors d’animations ponctuelles.

L’acceptation des animaux en maison de retraite

Si les animaux apportent d’indéniables bienfaits aux résidents, ils sont aussi source de désagréments, surtout dans un univers collectif. Perturbations, problèmes d’hygiène, bruits,… La condition essentielle pour conserver un animal domestique en institution est alors de pourvoir s’en occuper ! Par conséquent, si le résident atteint une phase de dépendance avancée, la séparation sera alors inévitable, et encore plus tragique. C’est l’une des raisons pour laquelle de nombreux établissements refusent d’accepter les animaux familiers. Certains préfèrent leurs présences ponctuelles ou extérieures. C’est le cas par exemple de la Cité Saint Joseph (Mayenne), une maison de retraite dont 70% des résidents sont atteints de la maladie d’Alzheimer : depuis plus de 30 ans, cette institution favorise la relation de ses résidents avec le monde animal en entretenant une mini-ferme dans son parc. Nourrir les lapins, les chèvres et les poules,… « canalise l’agressivité des résidents, les rend utile, et facilite la communication », témoigne l’un des membres du personne soignant.

Pour connaître la liste des établissements qui acceptent les animaux de compagnie, contactez Alzheimer Conseil au 0800.600.626.

Marseille, à la pointe du combat contre Alzheimer

Mercredi 24 juin 2009

C’est donc Marseille qui a été choisie pour mettre en place un programme scientifique ambitieux, concernant la recherche de médicaments contre les maladies neurodégénératives, comme Alzheimer… Financé par la Commission européenne, le programme est confié à une équipe de chercheurs de La Timone, à Marseille. Un espoir pour les malades et leur famille.

Marseille : un laboratoire contre Alzheimer

Dépister, prévenir et traiter le plus tôt possible les maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson grâce à des « médicaments personnalisés » : tel est l’objectif confié au laboratoire de la Timone à Marseille (INCM,CIC-UMPCET- Université de la Méditerranée), à l’origine d’un ambitieux projet dénommé « PharmaCOG ». Lancé officiellement le 15 juin, ce programme, retenu et financé par la Commission européenne, affiche des espoirs sans précédent pour les patients atteints de cette maladie, qui se propage à une allure folle…

Des médicaments préventifs

Le Professeur Olivier Blin est neuropsychiatre, professeur de pharmacologie et coordonnateur du volet industriel du projet PharmaCOG. Pour lui, ce programme de recherche va permettre d’accélérer la mise au point de médicaments d’un genre nouveau, à l’action préventive. En effet, les traitements actuels ne permettent que de ralentir le processus de dégénérescence, sans pouvoir l’éradiquer. Du fait, la maladie est encore plus longue… « Nous avons déjà une très grande expérience dans le développement de nouvelles molécules que nous testons sur des volontaires sains », explique Olivier Blin. « Nous introduisons des troubles de la mémoire ou cognitifs temporaires que nous corrigeons ensuite ». Tout simplement incroyable !

Des études scientifiques inédites

Les expériences, qui devraient se dérouler sur plusieurs plateformes européennes, seront d’abord effectuées sur des lémuriens, dont le vieillissement « présente des lésions cérébrales similaires à celles de l’homme ». Mais il est ensuite prévu de travailler avec « des patients et leur famille pour suivre l’effet de nouvelles molécules », précise Olivier Blin. De plus, la recherche permettra de « déterminer de nouveaux marqueurs de fragilité et de susceptibilité à la maladie », pour traiter les personnes de moins de 60 ans. A suivre…