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Alzheimer: il serait préférable d’éviter les traitements anti-psychotiques

Samedi 17 janvier 2009

D’après les résultats d’une étude publiée ce vendredi 9 janvier 2009 dans le journal scientifique “Lancet Neurology”, plusieurs médicaments anti-psychotiques utilisés couramment dans le traitement de la maladie d’Alzheimer pourraient multiplier par deux le risque pour les personnes souffrantes de mourir en un ou deux ans ! Ces conclusions viennent renforcer les inquiétudes concernant ces médicaments, destinés à l’origine à corriger ou atténuer les symptômes psychiatriques de la maladie.

La maladie d’Alzheimer et le développement des symptômes psychiatriques
Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer est la forme de dégénérescence psychologique la plus fréquente. Dans la majorité des cas, elle entraîne des symptômes « psychiatriques » évidents tels qu’une agressivité excessive, des illusions auditives ou visuelles, une paranoïa invivable ou des hallucinations. Un traitement médicamenteux est alors conseillé. Même si des études scientifiques antérieures avaient déjà mis en garde contre ce type de médicaments, montrant que leur absorption régulière pouvait augmenter les effets secondaires indésirables (problèmes respiratoires, accidents vasculaires cérébraux) et le risque de mort prématuré des patients âgés, ces médicaments anti-psychotiques ont continué à être distribué sur le marché, au vu de leur relative efficacité sur les symptômes en question.

Les résultats de l’étude poussent à la réflexion
Entre 2001 à 2004, l’équipe londonienne du Dr Clive Ballard a suivi 165 patients âgés de 67 à 100 ans souffrant de la maladie d’Alzheimer. La moitié d’entre eux prenaient un traitement anti-psychotique, l’autre moitié recevait un placebo. Il se trouve que sur les 83 personnes traitées par médicament, 39 sont mortes au bout d’un an. Sur les 82 patients restants, seules 27 sont décédées au même moment. Au bout de deux ans, l’étude révèle que 46% des patients Alzheimer traités par les anti-psychotiques étaient vivants, contre 71% de ceux qui n’en prenaient pas. Après trois ans, seuls 30% des patients sous traitement étaient encore en vie, contre 59% des autres. Ainsi, « pour la majorité des patients atteints de maladie d’Alzheimer, ça ne vaut peut-être pas la peine de prendre un tel risque”, déclare le Dr Clive Ballard du King’s College de Londres.

Un risque à prendre impérativement en compte

“Suis-je prêt à prendre un médicament qui réduit légèrement ma maladie, mais qui multiplie par deux mon risque de mourir? » tel pourrait être le débat autour de la question et le choix difficile proposé aux familles.

Le fait est qu’au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les médecins sont désormais invités à limiter l’utilisation des médicaments anti-psychotiques pour traiter la maladie d’Alzheimer. La précaution est de mise et le traitement doit être impérativement limité dans le temps. En Europe, le problème est que de nombreuses maisons de retraite usent régulièrement de ce type de médicaments pendant un an ou deux, pour traiter 60% de leurs patients atteints de démence psychologique. Il faut donc prendre en compte toutes les conséquences du traitement et en parler aux familles.

Quelles solutions promouvoir ?
Devant les conclusions d’une telle enquête, l’Association Alzheimer des Etats-Unis suggère « un traitement personnalisé de toute personne souffrant de la maladie d’Alzheimer ». Il est donc «urgent d’arrêter les prescriptions non indispensables et prolongées». Certains psychiatres ont aussi proposé de commencer par les thérapies environnementales ou comportementales, au lieu des médicaments anti-psychotiques. De même, l’utilisation d’antidépresseurs serait une bonne alternative.

Même si les experts n’expliquent pas comment les anti-psychotiques augmentent le risque de mourir chez les patients, la relation de cause à effet est aujourd’hui établie. Ces médicaments auraient une influence négative sur le cerveau par leurs effets sédatifs, rendant les patients plus sujets à des infections mortelles. D’ailleurs, la majorité des décès constatés par l’étude a été provoquée par une pneumonie…